Enquête de l’OSAR dans le pays
Suisse: Les renvois vers le Sri Lanka sont prématurés (180494)
Lausanne, 18avril(APIC) Les oeuvres d’entraide membres de l’Organisation
suisse d’aide aux réfugiés (OSAR), suite à une mission de deux semaines sur
place, prennent clairement position contre le renvoi de requérants d’asile
vers le Sri Lanka, apprend-on lundi dans un communiqué. Leurs interlocuteurs Sri lankais – Cinghalais et Tamouls confondus – estiment en effet que
des rapatriements forcés depuis la Suisse seraient largement prématurés en
regard de la situation dans le pays.
Conduite par Markus Loosli, secrétaire central de l’OSAR, cette enquête
fouillée sur la situation au Sri Lanka a permis de mettre en évidence un
certain nombre de réalités qui parlent toutes contre de tels renvois. Les
représentants des oeuvres d’entraide ont rencontré les principales organisations internationales travaillant au Sri Lanka (HCR, CICR, etc.), des représentants des autorités, des organisations des droits de l’homme, des politiciens, des représentants des Eglises et des universitaires. Les atteintes massives aux droits de l’homme, renforcées, par l’Etat d’exception que
connaît le Sri Lanka, se maintiennent à un niveau inquiétant et il apparaît
qu’aucune solution politique n’est à espérer dans un proche avenir.
De plus, près de 600’000 personnes ont dû fuir dans d’autres parties du
pays (»réfugiés internes») et vivent dans des conditions parfois désastreuses. Au niveau de la sécurité, il apparaît clairement que les Tamouls sont
toujours particulièrement exposés aux persécutions, et cela également dans
la région de Colombo, où la Suisse à l’intention de renvoyer les requérants
d’asile déboutés. Chaque Tamoul – à plus forte raison s’il s’est rendu à
l’étranger – est soupçonné, jusqu’à preuve du contraire, de soutenir les
membres de la guérilla (Liberation Tigers of Tamil Eelam LTTE) luttant pour
la création d’un Etat indépendant. S’y ajoutent des problèmes réels de survie sociale et économique, le pays n’offrant aux personnes revenant de
l’étranger aucune perspective de vie digne (logement, emploi, etc.).
Quant à l’accord signé récemment entre la Suisse et le Sri Lanka, censé
apporter une certaine protection aux personnes renvoyées, force est de
constater qu’il n’existe pour l’instant que sur le papier. Ses effets concrets pourraient être faibles, dans un pays où le fossé entre les déclarations de bonne intention et la réalité est immense. Pour ces différentes
raisons, les oeuvres d’entraide membres de l’OSAR soulignent que la Suisse
devrait s’abstenir de procéder à ces renvois.
La délégation a également formulé un certain nombre de recommandations:
la Suisse devrait proposer ses bons offices pour une résolution pacifique
du conflit et promouvoir activement une initiative de paix pour sortir le
Sri Lanka de la guerre civile que ce pays connaît depuis maintenant quatorze ans. Un groupe de travail regroupant la Direction de la coopération et
de l’aide humanitaire (DDA), l’Office fédéral des réfugiés (ODR), le Haut
Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et les oeuvres d’entraide, devrait être créé, pour suivre la mise en oeuvre des renvois.
(apic/com/fs)




