L’inculturation ne peut se limiter à du folklore

Rome: Synode des évêques pour l’Afrique (140494)

Rome, 14avril(APIC) L’enraciement de la foi chrétienne dans les cultures

africaines ne doit pas se limiter à un décor folklorique. Tel est le sentiment affiché jeudi par plusieurs participants au Synode des évêques pour

l’Afrique à Rome. L’inculturation doit être sérieuse a souligné Mgr Bonifatius Haushiku, de Windhoek, expliquant qu’en Namibie «le Christ continue à

se mouvoir avec des habits européens».

Le Christ ne doit pas rester une importation européenne. Le

développement d’une théologie africaine doit permettre d’être authentiquement chrétien et Africain. Par exemple en reconnaissant la valeur du culte

des ancêtres. Mgr Peter Kwasi Sarpong, évêque ghanéen a cependant mis quelques bémols contre une estimation superficielle des valeurs africaines. Le

sens de la communauté peut par exemple dégénérer facilement en haine tribale, a-t-il remarqué.

Autre point délicat de l’inculturation: la notion du mariage et de la

famille. Plusieurs évêques ont déploré l’influence occidentale dans ce

domaine. Les films, les vidéos ou les livres conduisent à un

affaiblissement de la famille, la polygamie est remplacée par la

prostitution. Alors que les catholiques africains ont incorporé dans le

modèle familial chrétien de nombreux usages et coutumes traditionnels ainsi

qu’une certaine philosophie de la vie. Mgr Boniface Thosa Setlalekosi, du

Botswana, regrette que beaucoup de croyants de son pays, en raison de

situations matrimoniales irrégulières, ne peuvent avoir accès à

l’eucharistie. Ce qui est vécu comme une exclusion du peuple de Dieu.

D’autres pères synodaux ont souligné dans ce contexte l’importance des

communautés de base qui constituent comme une extension de la famille dans

laquelle un christianisme communautaire peut être pleinement vécu.

Pour le cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine

de la foi, l’inculturation doit être considérée dans le cadre d’une

«théologie de l’incarnation». Les cultures doivent accompagner le Christ

pour atteindre leur véritable apogée.

Pour des négociations de paix au Rwanda

Dans un appel urgent, co-signé par ses trois présidents, le Synode a invité les parties en présence, mais aussi les organisations internationales

en Afrique comme à l’extérieur du continent à s’engager pour mettre un terme à la violence au Rwanda et à oeuvrer pour la réconciliation. Cet appel,

qui se veut une réponse à la Conférence des évêques du Rwanda, exprime également l’amour et la solidarité des évêques envers la population rwandaise,

notammment par le lien de la prière. (apic/cic/kna/mp)

14 avril 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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