Sida: le fléau frappe doublement les enfants (120494)
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Le Bureau internatiopnal catholique de l’enfance se penche sur ce fléau
Genève, 12avril(APIC) Sous le titre: «Sida – les enfants aussi», le
bulletin «L’Enfance dans le monde», du Bureau international catholique de
l’Enfance (BICE), à Genève, consacre un large dossier au problème du sida
qui touche aujourd’hui dans le monde 1,2 million de gosses. Et qui en
touchera le double en 1995. 74 pages d’un dossier, pour constater que 10
millions d’enfants du sida seront orphelins en l’an 2000, mais aussi pour
s’inquiéter de voir que sur 1,5 milliard de dollars consacrés en 1991 à la
prévention contre le sida, seuls 6% sont allés aux pays en voie de
développement où pourtant se produisent le 90% des contaminations par le
virus HIV.
Le fléau frappe les enfants de plein fouet non seulement dans leur corps
lorsqu’ils sont eux-mêmes contaminés par le virus, mais aussi dans leur
coeur lorsque le sida leur arrache un père, une mère ou, souvent, les deux
à la fois. En Ouganda par exemple, une grand-mère élève seule ses 20 petits-enfants, ses 9 enfants et leurs conjoints étant mort du sida. Dans un
seul diocèse de l’Ouganda, 120’000 enfants sont orphelins à cause de la maladie.
Le dernier bulletin du BICE dresse un terrible bilan des ravages causés
par le sida, par des témoignages et articles qui vont du Népal aux Philippines et la Thaïlande, de la Roumanie à la Suisse, en passant par la France, les Etats-Unis et le Brésil. Sans oublier l’Afrique, le continent le
plus touché.
Une étude effectuée sur 8’000 enfants de la rue de Sao Paulo, révèle que
plus de 9% d’entre-eux étaient, en 1990 déjà, séropositifs. Combien sontils aujourd’hui?.
Le BICE, précise l’éditorial du bulletin, a voulu, en consacrant un numéro de sa revue «L’Enfance dans le monde» aux enfants et au sida, faire
connaître quelques-unes de ces multiples initiatives dans le but d’en susciter de nouvelles. Préparé en collaboration étroite avec Caritas internationalis, ce numéro double se divise en cinq parties: une information générale sur la pandémie, y compris les aspects sociaux, médicaux et éthiques;
la description et les projets pour une prise en charge d’enfants ayant le
sida; le troisième volet aborde «Les enfants vulnérables», c’est-à-dire les
enfants de la rue et les enfants exploités sexuellement; les initiatives et
le soutien aux orphelins du sida; la prévention enfin ainsi que les diverses initiatives.
19,5 millions de personnes atteintes dans le monde
Dans son article consacré en préambule aux «Dangers et perspectives», le
professeur Jonathan Mann, qui fut le premier directeur du Programme global
Sida à l’OMS dresse une brève mais saisissante situation épidémologique à
l’échelle mondiale. Pour constater tout d’abord que l’épidémie du sida semble s’être déclarée au milieu des années 70. «En 1980, on estimait déjà à
100’000 le nombre de personnes porteuses du virus à travers le monde. Durant les années 80, la pandémie s’est répandue très largement, atteignant
la plupart des pays et affectant un total d’environ 10 millions de personnes. Au 1er janvier 1993, environ 19,5 millions de personnes à travers le
monde avaient été contaminées. Parmi celles-ci: 18,3 millions d’hommes pour
8,1 millions de femmes et 1,2 million d’enfants. On estime que 10 millions
d’enfants seront orphelins du sida en l’an 2000.
Selon le professeur Mann, la grande majorité des personnes contaminées
vivent en Afrique sub-saharienne (62% du total des personnes contaminées
dans le monde), suivie par l’Asie du Sud-Est (19%) l’Amérique latine et les
Caraïbes (8%) et l’Amérique du Nord (7%). Globalement, pratiquement 90% des
personnes infectées par le virus vivent dans le tiers monde. Tragiquement,
poursuit le professeur Mann, sur les 1,2 million d’enfants contaminés,
768’000 ont déjà contracté le sida et parmi ceux-ci au moins 90% sont déjà
morts. Terrible réalité: on prévoit que le nombre de gosses contaminés aura
pratiquement doublé dans trois ans. En d’autres termes, plus de 2 millions
d’enfants auront le sida, ce qui signifie que plus d’enfants vont devenir
malades du sida durant la période allant de 1993 à 1995 que depuis le début
de la pandémie jusqu’à aujourd’hui.
L’inacceptable injustice
Et le professeur de constater, s’agissant de la prévention, que la lutte
contre le sida au niveau mondial est paradoxalement de moins en moins intense malgré la progression de la pandémie. Cela se traduit par une injustice: «par exemple, sur le 1,5 milliard de dollars qui, selon les estimations, ont été consacrés à la prévention du sida en 1991, seulement 6% ont
bénéficié aux pays en voie de développement où pourtant se produisent le
90% des contaminations par le virus VIH». Si l’on compare les sommes consacrées par personne à la prévention du sida, on constate qu’elles sont de
2,7 dollars en Amérique du Nord, de seulement 0,07 dollar en Afrique et de
0,03% dollar en Amérique latine. (apic/pr)




