Mais les Pères synodaux ne semblent pas pressés d’intervenir

Synode africain: déjà 26 interventions (120494)

On pourrait anticiper le début de la seconde phase des travaux

Rome, 12avril(APIC) Depuis son ouverture, dimanche, le Synode a connu

trois assemblées plénières. Au total, pas moins de 26 interventions des pères synodaux ont été faites. 13 lors de la séance du lundi soir et 13 autres mardi matin, sans parler de l’intervention, dimanche en ouverture du

Synode, du cardinal Thiandoum, rapporteur général. Selon certaines indiscrétions, les pères synodaux ne seraient cependant pas pressés d’intervenir, à tel point que l’on aurait songé à anticiper le début de la seconde

phase des travaux.

Dans cette première phase, qui est toujours de rodage, les évêques ont

abordé des thèmes très divers, sans ordre préétabli. Parmi les questions

les plus fréquemment citées, on retiendra les différents aspects de l’inculturation, qui est un droit et non une concession, avait affirmé dès le

premier jour le cardinal Thiandoum, tout en exigeant un changement de mentalité et l’assimilation de la réalité. On a entendu aussi des mises en

garde sur ses limites et sur la nécessité de bien saisir la mentalité africaine.

Mgr Obot, évêque d’Idah (Nigeria), a cité des exemples concrets de ce

qui a déjà été réalisé en matière d’inculturation, par exemple la reconnaissance partielle de la cérémonie de l’imposition du nom, qui précède le

baptême, et à laquelle on a commencé à utiliser des noms africains traditionnels. Il a posé en même temps le problème du mariage traditionnel, qui,

chez la plupart des catholiques du Nigeria, précède le mariage à l’église.

Il y a là une dichotomie qu’il va falloir dépasser, a déclaré Mgr Obot, qui

a en outre souhaité que l’on étudie davantage les questions liées aux deux

mariages: polygamie, stérilité, dot…

Les supérieurs religieux, et d’autres avec eux, se sont inquiétés surtout de la qualité du recrutement du clergé et des religieux, dans un continent où les vocations sont très nombreuses. Ils se sont inquiétés de la

formation et des formateurs et, pour les religieux, de la fidélité au charisme du fondateur et du sens à donner à la vie religieuse.

A propos des relations avec les autres religions, beaucoup sont revenus

sur la difficulté des relations avec l’islam en général, dans les pays à

majorité musulmane, en particulier, où l’Eglise est souvent composée

d’étrangers et où la pression sociale pèse beaucoup sur le jeune chrétien.

Le cardinal Francis Arinze (Nigeria), président du Conseil pontifical pour

le dialogue interreligieux, a proposé la fondation en Afrique d’un centre

catholique d’études islamiques.

D’autres voix ont mis en garde à propos des Eglises indépendantes et les

sectes post-chrétiennes, dont la croissance est très forte en Afrique, mais

qui suivent une logique de fragmentation.

D’après des indiscrétions, les pères synodaux ne seraient pas pressés

d’intervenir, à tel point que l’on aurait songé à anticiper le début de la

seconde phase des travaux, celle des «circuli minores» (groupes de travail

par aires linguistiques). Prévus pour la fin de la semaine prochaine, ceuxci pourraient démarrer dès la fin de cette semaine. S’il en était ainsi, il

est à prévoir que les débats les plus intéressants auront lieu à huis clos.

(apic/sv/pr)

12 avril 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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