Pour célébrer l’ouverture du Synode africain
Fribourg: vibrante liturgie africaine à la paroisse St-Paul (100494)
Fribourg, 10avril(APIC) La paroisse St-Paul dans le quartier du Schönberg
à Fribourg a célébré dimanche, aux sons du balaphon et de chants rythmés en
différentes langues africaines, l’ouverture du Synode africain. Africains
et Suisses ont pu communier à cette messe vivante: forêt de bras levés dans
les prières d’intercession, joyeux battement des mains aux rythmes de la
chorale, paniers de fruits portés en dansant au moment de l’offertoire, fête de l’âme et du corps enfin réunis, cette ambiance a réjoui la nombreuse
assistance qui remplissait l’église St-Paul. Elle n’a pas empêché de penser
aux victimes de la violence – et spécialement au Rwanda – qui ensanglante
ces jours le sol du continent.
Au début de la messe, retransmise par Radio Suisse Romande, le curé de
la paroisse, l’abbé Denis Clerc, a rappellé que le quartier du Schönberg
contenait plus de cinquante nationalités et plus de 300 Africains. Entourés
de prêtres du continent noir, le célébrant, le Père Claude Maillard, longtemps missionnaire au Zaïre, a dit le pourquoi de ce rassemblement dominical sortant de l’ordinaire: «Union au Synode qui commence, mais aussi accueil d’une liturgie différente pour célébrer ensemble le Christ ressuscité».
La chorale du jour, formée par les étudiants candidats missionnaires
d’Afrique de l’Africanum et des disciples africains de l’Ecole de la Foi,
a, dès la procession d’entrée, donné rythme et passion à la prière. Les
langues bambara, swahili, lingala, bemeba, ganda, nankani, rundi, kongo,
diola , ont alors tour à tour alterné leurs mélopées et leurs invocations
poignantes, lancées par des solistes.
Le sens du partage entre chrétiens
L’abbé zaïrois Bernard Munono, assistant à l’Institut de théologie morale à l’Université de Fribourg, a précisé, dans son homélie, le sens du partage entre chrétiens: «Dans une période de crise généralisée, la tentation
est grande de croire qu’on a rien à partager avec les autres. Mais si vraiment nous avons, comme les premiers chrétiens, «un seul coeur et une seule
âme», rien de ce qui touche la vie des autres, leurs joies et leurs tristesses, rien de tout cela sera étranger. Alors on ne dira plus par exemple:
l’intégrisme musulman est un problème maghrébin, les luttes ethniques sont
une plaie rwandaise ou burundaise, l’apartheid est une question sud-africaine et j’en passe. Par contre grâce au Synode, les problèmes d’Algérie,
d’Afrique du Sud, de la Somalie, de l’Ethiopie, du Nigéria, du Burundi, du
Rwanda, du Soudan, du Zaïre… vont interpeller toute l’Afrique comme un
défi lancé à la solidarité entre les peuples. L’unité du Corps du Christ
exige en effet que tous travaillent la main dans la main. Ainsi toutes les
joies et les tristesses des Eglises d’Afrique deviendront celles de toute
l’Eglise.
Appel aux autres continents
S’adressant aux autres continents, l’abbé Munono a eu ce cri du coeur:
«Ne sacrifiez pas le destin des millions d’hommes, de femmes et d’enfants
d’Afrique à des intérêts égoïstes qu’ils soient politiques, économiques,
culturels ou stratégiques; mais soyez prêts à examiner avec courage, sincérité votre propre responsabilité dans la grave crise actuelle que traverse
le continent noir. N’entravez pas notre lutte pour le respect des droits de
l’homme, la justice et la paix, la démocratie et la promotion intégrale des
hommes et des peuples d’Afrique. Car si l’Afrique est défigurée, c’est le
visage de toute l’humanité qui sera défiguré». (apic/ba)




