Une question non-prioritaire, estiment deux femmes
Suisse: lettre apostolique du pape sur l’ordination des femmes (300594)
Fribourg, 30mai(APIC) La prise de position très ferme du pape Jean Paul
II rappelant que l’»Eglise n’a en aucune manière le pouvoir de conférer
l’ordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l’Eglise» ne pouvait pas rester
sans réactions immédiates. L’APIC a interrogé deux militantes catholiques.
La question ne leur parait pas prioritaire, mais le ton déplaît.
Antoinette Nicoulin, responsable romande du mouvement «Vie et Foi», à
Delémont, n’est pas elle-même en faveur de l’ordination des femmes, mais
comprend que des femmes puissent le revendiquer et qu’elles seront décues.
Cela devrait correspondre à la liberté de chacune. Au sein des groupes «Vie
et Foi», nous n’avons pas eu de réflexion systématique sur ce sujet, explique encore la Jurassienne. En tant que femmes, on peut avoir des engagements en Eglise sans aller forcément jusqu’à l’ordination. «Mais si des
femmes étaient ordonnées, je ne crierais pas au scandale. Il y a des femmes
qui seraient certainement compétentes.»
Même son de cloche de la part de Marianne Almonte, secrétaire de la
Commnunauté romande de l’apostolat des laïcs, à Lausanne. «L’ordination des
femmes n’est pas le souci majeur à la CRAL, nos groupes sont plutôt axés
sur les événements de la vie et du monde». Il n’y a pas eu de réflexion ni
de débat sur la question. La Ligue suisse de femmes catholique (SKF) a une
position beaucoup plus tranchée en faveur de l’ordination des femmes. Personnellement, ce n’est pas mon souci premier, ajoute Marianne Almonte. «Même si a priori je ne suis pas contre, ce n’est pas le premier combat que je
vais mener. Pour le moment, l’Eglise n’est pas mûre».
Le ton de la lettre va déclencher inévitablement la polémique parce que
les positions sont très diverses même au sein du clergé. «En tant que femme
je me sens bien, parce qu’à la CRAL je suis dans un espace de liberté, les
personnes et les femmes engagées savent où elles vont. Je me suis sentie
reconnue aux divers niveaux où je travaille. Je n’ai pas de problème majeur
comme femme dans l’Eglise. Je suis peut-être privilégiée…» Par contre le
ton du Vatican par rapport aux femmes me déplait, ajoute la responsable de
la CRAL. «Je ne vois pas pourquoi ce sont des hommes qui décideront toujours à notre place». (apic/mp)




