Commentaire du Père Albert Longchamp, rédacteur en chef de l’Echo Illustré
Rome: femmes-prêtres: une fin de non recevoir (300594)
Genève, 30mai(APIC) La lettre apostolique de Jean Paul II contre
l’ordination des femmes n’est pas une surprise. Le sujet est «interdit de
séjour» au Vatican et chacun sait qu’il a le don de mettre le pape hors de
lui! En quoi il se montre fidèle aux traditions catholique et orthodoxe qui
n’ont jamais ordonné de femmes au sacerdoce. Le 27 janvier 1977, sous Paul
VI, la Congrégation pour la doctrine de la foi rappelait que les femmes ont
joué un grand rôle autour de Jésus, mais qu’il n’a désigné aucune d’entre
elles comme apôtre. Donc, affirmait le document, «seul un homme peut être
un signe de sa présence».
Mais le «niet» du pape est un acte essentiellement politique. L’ordination des femmes anglicanes, depuis quelques semaines, exaspère la hiérarchie romaine, tandis que la revendication féministe prend chaque jour de
l’ampleur dans les pays germaniques et anglo-saxons. Le tiers monde, affronté à des problèmes plus urgents, est pour l’heure absent du débat. le
récent Synode africain ne l’a pas évoqué. En Occident, la lettre de Jean
Paul II va diviser encore davantage les esprits, hantés par l’égalité hommes-femmes que l’Eglise, dans ses structures ne veut pas entériner. Tout le
conflit est là: les femmes réclament le partage intégral des décisions qui
engagent l’Eglise; or le pouvoir suprême repose sur les clercs et les évêques, il donc exclusivement masculin.
Le pape s’affirme lié par une obligation théologique. Les femmes ripostent au nom des arguments culturels: ce que Jésus n’a pas fait en raison
des coutumes de son temps, il ne l’a pas interdit pour tous les temps. «Pas
question de changer notre doctrine», martèle Jean Paul II. En um mot, entre
le pape et les femmes, c’est le divorce, et cela va faire très mal! (apical/mp)




