L’embryon est une personne
Sion: Le Père Cottier au Congrès des médecins catholiques (270594)
Sion, 27mai(APIC) L’embryon humain est une personne et «la paternité et
la maternité humaines doivent se comprendre comme une collaboration directe
avec l’oeuvre créatrice de Dieu à l’égard de la personne de l’enfant», a
déclaré vendredi à Sion le Père Georges Cottier, théologien de la maison
pontificale. Le dominicain suisse donnait un exposé sur «l’embryon humain
et l’âme spirituelle», dans le cadre du Congrès commun de l’Association de
médecins catholiques suisses et de l’Association internationale de médecins
pour le planning familial naturel.
Le Père Cottier a commencé par rappeler les nombreuses interventions du
magistère de l’Eglise au cours de l’histoire destinées à réfuter des doctrines semblant nier la conception chrétienne de l’âme spirituelle et son
rapport au corps. Elles contiennent deux affirmations essentielles, a souligné le conférencier: «l’âme spirituelle n’est pas liée au corps d’une manière accidentelle; elle en est la forme substantielle, de sorte que le
composé humain est un».
Une telle affirmation, a précisé le Père Cottier, s’oppose aux doctrines, qui foisonnent aujourd’hui, prônant la réincarnation. Autre idée essentielle: «L’âme humaine a été créée immédiatement par Dieu». Elle ne peut
par conséquent pas être conçue, dans un sens panthéiste, comme une participation à la substance divine, ou une partie de Dieu». Cette affirmation réfute les théories développées par certaines sectes inspirées de l’Orient,
a-t-il souligné. La production de l’âme humaine ne peut pas être attribuée
à la puissance générative des parents, «l’âme humaine est directement créée
par Dieu», d’où la synergie entre l’action des parents et l’action de Dieu
dans la conception d’un être humain.
La science et la foi: approches complémentaires
Le Père Cottier a ensuite développé les deux approches de la nature de
l’embryon humain: l’approche scientifique et l’approche philosophique. Elles sont complémentaires, car pour lui, la théologie n’annule pas les lumières apportées par la raison, et il n’y a pas de contradiction entre ces
deux sources de connaissance. Ainsi, si la réflexion philosophique doit tenir compte des acquis de la science, elle doit la dépasser, notamment en ce
qui concerne le statut de l’embryon.
Une personne dès la conception
Le Père Cottier a encore souligné que l’embryon conçu est un individu
humain qui possède dès sa conception toutes ses potentialités, ce qui exclut dès lors l’avortement à n’importe quel stade de son développement. En
conclusion, le théologien de la maison pontificale a affirmé que le zygote
doit être considéré comme une personne et que «cette donnée anthropologique
appelle sa traduction juridique».
Dans un premier temps, le Père Cottier a réfuté les thèses exprimées par
le médecin et philosophe Hugo Tristan Engelhardt dans son ouvrage «The
Foundations of Bioethics», publié en 1986, et qui a trouvé un large écho
au-delà du monde anglo-saxon. L’auteur avance des arguments en faveur de
l’avortement et de l’euthanasie notamment, dans la perspective d’une éthique philosophique laïque susceptible de fonder un large consensus dans le
cadre des sociétés modernes pluralistes. Le dominicain suisse a démontré la
fragilité d’une morale laïque basée sur le consensus. Il a souligné la tension pour le croyant entre cette morale – qui lui est en général proposée
dans son milieu de travail – et la morale chrétienne, qui s’ouvre à une
vérité transcendante. (apic/cor/be)




