France: 3 millions de musulmans s’apprêtent à fêter l’Aïd el kebir

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Le sacrifice du mouton (190594)

Paris, 19mai(APIC) Appelée fête du sacrifice, en commémoration du geste

d’Abraham prêt à sacrifier son fils Isaac pour obéir à Dieu, ou, populairement, fête du mouton, la fête de l’Aïd el kebir, sera célébrée samedi par

une communauté de près de 3 millions de musulmans résidant en France.

Comme l’explique Larbi Kechat, directeur du Centre socio-culturel de la

mosquée Addawoi, à Paris, et partenaire important du dialogue islamo-chrétien, «c’est un moment qui doit rappeler que croire en Dieu ne relève pas

d’une spéculation. C’est se situer en tant qu’être créé dans l’ensemble de

la création. Le geste d’Abraham concrétise le sens du mot islam: livrer sa

personne à Dieu, faire tout ce qui est possible pour construire un monde

meilleur par le don de soi. Abraham nous nontre que son coeur est réservé à

Dieu et nous invite à le suivre: ne pas vivre pour soi mais pour Dieu».

Le jour de l’Aïd el kebir débute par une prière collective suivie du sacrifice rituel d’un mouton qu’on égorge. C’est l’occasion, pour la communauté musulmane, d’affirmer sa solidarité. En effet, ceux qui ont les moyens

d’acheter un mouton entier pour la circonstance doivent en offrir un tiers

au plus démunis, en garder un autre tiers pour des cadeaux aux proches,

voisins, amis, familles… L’idée, en filigrane, est que la communauté des

croyants dans son entier doit pouvoir goûter la joie en Dieu et rechercher

la paix du coeur. «Les gens qui sont acteurs des guerres n’ont rien à voir

avec la religion. Toutes les vies nous sont chères. Ceux qui ont déclenché

ces torrents de violence auront à en rendre compte», précise à ce sujet

Larbi Kechat.

Selon lui, la violence actuelle provient de l’éloignement de l’idéal

premier, l’idéal d’Abraham et de ses descendants. La fête de l’Aïd el kebir

«est aussi de l’ordre de l’élévation qui vise à nous faire sortir de nous

mêmes afin de voir pleinement l’autre».

A propos du récent meurtre de deux religieux catholiques à Alger, Larbi

Kechat le qualifie d’acte terrifiant car «on fait du mal au créateur. Je me

réjouis de voir que même un des représentants du Front islamique du salut

(FIS), a condamné avec force ce double assassinat en rappelant que le

meurtre de religieux est contraire aux dispositions de la loi islamique,

laquelle recommande de leur témoigner du respect. De fait, il ne faut pas

tout mettre sur le dos de l’islam, discrédité par certains qui l’utilisent

à des fins troubles». (apic/jcn/pr)

19 mai 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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