Mise en garde du cardinal Ruini: après les élections,
Rome : assises de l’épiscopat italien (160594)
ne pas enrayer le processus en cours
Rome, 16mai(APIC) Il faut contrecarrer «les processus qui ont mené à un
affaiblissement de la famille et au refus du don de la vie» : c’est ce qu’a
déclaré le cardinal Camillo Ruini en ouvrant lundi au Vatican la 39e assemblée générale de la conférence épiscopale italienne, qui se déroule en présence de nombreux délégués d’autres épiscopats européens. Au lendemain des
élections, le cardinal a également mis en garde ceux qui auraient la tentation d’enrayer le processus en cours.
Après le discours d’ouverture du cardinal Ruini, Mgr Dionigi Tettamanzi,
secrétaire général, traitera de «La formation morale chrétienne à la lumière de l’encyclique «Veritatis splendor». Jeudi, à la veille de la clôture
des travaux, se déroulera à la basilique Sainte-Marie Majeure le deuxième
moment de la «grande prière pour le peuple italien» inaugurée par le pape
le 15 mars à Saint-Pierre.
A l’ordre du jour de l’assemblée figurent en outre la préparation de la
rencontre ecclésiale prévue pour 1995 sur «L’Evangile de la charité pour
une société nouvelle en Italie», ainsi qu’une note sur le sens du jeûne et
de l’abstinence. Enfin, les évêques doivent se pencher sur des questions
liées au Concordat de 1984, l’enseignement religieux et le soutien du clergé.
Depuis mai 1993, la conférence épiscopale italienne a organisé plusieurs
rencontres: la 42e Semaine Sociale (Turin, octobre-novembre 1993), sur
«L’identité nationale: démocratie et bien commun»; une session pour le 5e
anniversaire de la lettre apostolique «Mulieris dignitatem» (Rome, décembre
1993). Parmi les documents publiés, il faut mentionner le Directoire de la
pastorale familiale et des textes sur le diaconat permanent, les sectes et
les nouveaux mouvements religieux, les immigrés, ainsi qu’une note adressée
aux communautés religieuses.
Le cardinal Ruini: «pour le bien du pays»
Dans son discours d’ouverture, le cardinal Ruini a mis en lumière des
phénomènes négatifs, tels la recommandation du Parlement européen concernant les homosexuels et le projet de document final pour la Conférence du
Caire sur la population et le développement, en raison de son appui à
l’avortement.
Mgr Ruini a ajouté qu’en Italie le problème de la croissance démographique se pose autrement qu’ailleurs, la chute des naissances étant «le plus
grave problème social du pays». Il faut donc s’engager, a-t-il dit, afin de
contrecarrer «les processus qui ont mené à un affaiblissement de la famille
et au refus du don de la vie». Il ne faut pas rester à un niveau purement
théorique: il faut prendre conscience du poids «des conditions sociales et
économiques vécues par les familles et de la façon dont les instances publiques les appuient ou les soutiennent».
Quant aux récentes élections, qui ont vu l’effondrement de l’ancien gouvernement dominé par la Démocratie chrétienne, le cardinal Ruini a mis en
garde les vaincus contre «la nostalgie du passé ou la prétention d’empêcher
les changements en cours».
L’Eglise, a ajouté le président de la conférence épiscopale italienne,
veut collaborer de façon authentique à la promotion de l’homme et pour le
bien du pays, en se distinguant clairement de «la communauté politique» et
se fondant sur toute la doctrine sociale de l’Eglise, l’anthropologie et
l’éthique chrétiennes. De la sorte, l’Eglise a le devoir de parler «des
questions concrètes qui touchent à la vie des personnes, des familles et du
pays et qui ont clairement des implications morales», comme le chômage,
l’éducation et l’école. (apic/sv/ba)




