Amérique latine: Les conférences épiscopales d’Amérique Latine (270694)
dénoncent «une nouvelle forme de colonialisme et d’impérialisme»
Pas d’accord avec les objectifs de la Conférence du Caire
Saint-Domigue, 27juin(APIC) «Au lieu de multiplier le pain, on préfère
diminuer le nombre des invités au banquet de l’humanité». C’est par cette
image que les 24 présidents des Conférences épiscopales d’Amérique latine
résument leurs critiques au document préparatoire de la Conférence des Nations Unies sur la population et le développement qui aura lieu au Caire en
septembre. Dans un document intitulé «Famille, vie et solidarité», les évêques font leurs les préoccupations du pape Jean Paul II.
Réunis en République Dominicaine à l’invitation de la Commission pontificale pour l’Amérique Latine, du Conseil pontifical pour la Famille et de
la présidence du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM), les présidents
des 24 conférences épiscopales d’Amérique Latine ont publié un document,
intitulé «Famille, vie et solidarité». Ce texte souligne que «la famille
est une richesse qui appartient au patrimoine de l’humanité», qu’il faut la
sauver des forces qui veulent la détruire sous couvert de «libérer» l’homme
«de toute transcendance pour le limiter au champ de son seul pouvoir». Il
dénonce les menaces qui pèsent sur la vie «par le massacre de l’avortement
qui tend à se généraliser en Amérique Latine», où s’installe une «culture
de la mort au commencement de la vie innocente et sans défense du nouveauné».
Les évêques déplorent que le document préparatoire de la Conférence du
Caire contienne des expressions telles que «qualité de la vie» et «planification familiale» quand il fait de l’avortement l’unique moyen d’atteindre
ces objectifs. «Les couples ne doivent être soumis à aucune pression extérieure quant au nombre de leurs enfants et quant au moment opportun de les
avoir», ajoutent-ils, en faisant valoir que les méthodes naturelles de contrôle de la natalité «montrent chaque jour davantage leur sérieux scientifique et leur efficacité».
Les évêques contestent le lien établi par le document préparatoire de la
Conférence du Caire entre croissance démographique et pauvreté, ainsi
qu’entre sauvegarde de l’environnement et contrôle de la natalité. Ils constatent qu’»au lieu de multiplier le pain, on préfère diminuer le nombre
des invités au banquet de l’humanité». Les évêques latino-américains voient
là «une nouvelle forme de colonialisme et d’impérialisme» non exempte de
racisme, de la part des pays riches qui «veulent défendre leur stye de vie
axée sur la consommation contre la menace du monde pauvre».
En conclusion, les pasteurs élèvent la voix pour exiger que les peuples
d’Amérique Latine «soient respectés dans leur identité culturelle propre,
qui comporte une haute estime de la foi religieuse, qui est génératrice de
valeurs familiales et sociales, et qui manifeste, spécialement dans ses
ethnies indigènes, une estime extraordinaire de la famille». (apic/cip/mp)




