Le COE demande à la France de renoncer à l’envoi de troupes au Rwanda
apic/COE / France / Rwanda
L’organisation invite le Conseil de sécurité à rejeter la proposition
Lettre à Juppé et au secrétaire général de l’ONU (210694)
Genève, 21juin(APIC) Le Conseil oecuménique des Eglises (COE) demande à
la France de ne pas envoyer de troupes au Rwanda. Il invite en outre le
Conseil de sécurité de L’ONU à rejeter la proposition française, sur laquelle le Conseil est appelé à voter ces prochaines heures.
Dans une lettre adressée le 21 juin au ministre français des Affaires
étrangères, Alain Juppé, le COE fait part de sa préoccupation. Il estime
que l’envoi d’un contingent français au Rwanda aggraverait presque à coup
sûr les tensions et rendrait plus «difficiles encore les efforts internationaux en vue d’un cessez-le-feu et d’un règlement du conflit».
La lettre du COE, signée par le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général de l’organisation oecuménique, évoque l’histoire des relations francorwandaises et comment ce pays africain perçoit le rôle de la France. A la
lumière de ces faits, déclare le COE, une présence militaire française prédominante «compromettrait la mission des Nations Unies pour l’assistance au
Rwanda et les objectifs de la mission tels qu’ils sont définis dans les résolutions 918 et 925 du Conseil de sécurité de l’ONU».
Après avoir rappelé l’importance de ses efforts humanitaires destinés à
venir en aide aux victimes de «cette guerre fratricide», le COE dit mettre
sérieusement en doute la crédibilité des intentions de la France, lorsqu’elle déclare vouloir protéger ceux qui cherchent à acheminer l’aide humanitaire. «La perspective de la France n’est pas fondée sur une analyse approfondie de la réalité au Rwanda et dans les pays voisins».
Le COE a également adressé une lettre au secrétaire général de l’ONU,
Boutros Boutros-Ghali, lui demandant de faire part au Conseil de sécurité
des sérieuses réserves du COE concernant la proposition française. Le COE
lance un appel au Conseil de sécurité, l’invitant à rejeter cette proposition et à rester «fidèle au principe de neutralité des forces de maintien
de la paix de l’ONU». (apic/com/pr)




