mercredi des relations diplomatiques complètes
Jérusalem: Le Vatican et Israël ont établi (150694)
Le fruit de longues négociations
Jérusalem, 15juin(APIC) Le Vatican et Israël ont établi mercredi, pour la
première fois dans l’histoire, des relations diplomatiques complètes, a annoncé à Jérusalem le vice-ministre israélien des Affaires étrangères Yossi
Beilin. Au-delà des relations inter-étatiques, ce rapprochement touche au
coeur des relations judéo-chrétiennes et s’inscrit dans un processus de réconciliation né après la «shoah», le génocide nazi, et lancé par le Concile
Vatican II avec sa célèbre déclaration «Nostra Aetate». Le peuple juif est
enfin lavé de l’accusation de déicide et l’Eglise catholique dénonce sans
ambage toute forme de racisme et d’antisémitisme.
46 ans après sa fondation, l’Etat d’Israël est reconnu officiellement
par le Saint-Siège, même si le statut de Jérusalem n’est pas encore réglé.
Le ministre israélien a précisé pour sa part que les noms du nouveau nonce
apostolique en Israël et du nouvel ambassadeur israélien près le Saint-Siège ne seront connus que plus tard, comme il est d’usage dans la pratique
diplomatique.
L’échange des ambassadeurs achèvera la normalisation des relations entre
les deux Etats commencée en été 1992 et scellée le 30 décembre dernier par
la signature d’un «accord fondemental». Cet important document, fruit de
longues négociations et du travail de la Commission bilatérale permanente
de travail instituée le 29 juillet 1992, prévoyait l’échange prochain de
représentants diplomatiques. Il créait véritablement «un contexte nouveau
et encourageant» pour les relations judéo-chrétiennes.
Le pape avait déjà nommé en janvier son délégué apostolique à Jérusalem
et en Palestine, Mgr Andrea Cordero Lanza di Montezemolo, comme «représentant spécial» du Saint-Siège en Israël, tandis que l’Etat hébreu désignait
comme représentant à Rome l’ambassadeur Shmuel Hadas. Il est probable que
les deux diplomates seront désignés prochainement comme premiers ambassadeurs officiels dans l’histoire des relations diplomatiques entre les deux
pays.
Un processus de paix irréversible
Selon les observateurs, cette initiative s’inscrit dans le contexte plus
large du processus de paix israélo-palestinien qui se met péniblement en
place, un processus de paix au Moyen-Orient que le Vatican juge irréversible «en dépit de toutes les difficultés et de tous les obstacles».
Notons que la nouvelle nonciature ne se trouvera pas à Jérusalem comme
l’aurait souhaité Israël, – la question du statut de la Ville Sainte reste
toujours ouverte pour le Saint-Siège – mais dans le monastère franciscain
de St-Pierre, dans la vieille-ville de Jaffa, située dans l’agglomération
de Tel-Aviv. Cependant le nonce sera en même temps délégué apostolique en
Jordanie et à Jérusalem. Façon élégante, dit-on, d’éluder la question de la
résidence du nonce à Jérusalem. Rappelons que dans «l’accord fondamental»
de décembre dernier, la question de Jérusalem et des autres Lieux saints
n’est pas mentionnée explicitement, car elle a une dimension internationale
et multilatérale qui dépasse forcément le cadre d’une entente bilatérale.
(apic/cic/be)




