réagit à son tour à la lettre du pape sur le sacerdoce féminin

Belgique: le Conseil général de l’apostolat des laïcs (140694)

Le malaise s’accentue

Bruxelles, 14juin(APIC) Le Conseil général de l’apostolat des laïcs

(CGAL), coordination et lieu d’expression de l’ensemble du laïcat catholique organisé en Belgique francophone, a réagi à son tour à la lettre du pape sur le sacerdoce féminin. Il déplore notamment que Jean Paul II ait jugé

nécessaire de renforcer, en les absolutisant, les formulations prudentes de

son prédécesseur Paul VI. La réaction du CGAL intervient après celle du

Conseil pastoral flamand, qui a demandé à Rome de réouvrir le débat.

Le CGAL dit apprécier la manière dont les évêques belges ont immédiatement réagi à la lettre en prenant au sérieux «le désarroi éprouvé par une

partie des fidèles», mais aussi en s’efforçant de rendre le document romain

plus compréhensible.

Le CGAL reconnaît pleinement le droit de l’évêque de Rome de rappeler,

en vertu de sa mission, la position et la discipline actuelles. Mais il

tient en même temps à refléter le malaise qu’il perçoit chez de nombreux

fidèles quant au fond et à la forme du document, un malaise que partagent

la plupart de ses membres.

Le CGAL déplore que le pape ait jugé nécessaire de renforcer, en les absolutisant, les formulations prudentes de son prédécesseur Paul VI, qui

préservaient davantage l’avenir. Sous sa forme actuelle, la question même

de l’accession des femmes au presbytérat est relativement récente. Cette

question nouvelle était librement discutée dans l’Eglise catholique (pour

ne pas parler des autres Eglises): «Jean-Paul II la tranche sans tenir aucun compte des positions différentes de plusieurs évêques et théologiens,

et non des moindres, ainsi que des perceptions d’un nombre croissant de

chrétiens».

Pour les membres du Conseil général de l’apostolat des laïcs, les raisons rappelées par la lettre apostolique pour justifier le maintien «définitif» de la norme actuelle ne paraissent pas suffisantes pour emporter la

conviction et l’adhésion générale.

A propos des déclarations de la lettre sur «le rôle irremplaçable de la

femme dans la vie de l’Eglise» et sur «la grandeur de (sa) mission» le CGAL

peut difficilement y voir autre chose qu’»une sorte de prix de consolation».

Le CGAL regrette en conclusion que le langage péremptoire du document

pontifical, outre qu’il l’expose inutilement à être désavoué par l’histoire, «donne une fois de plus de notre Eglise une image doctrinaire et intransigeante, une image qui, à nos yeux, contraste violemment avec l’esprit

de l’Evangile. Par là, ce texte représente pour beaucoup de nos contemporains un obstacle de plus sur le chemin de la Bonne Nouvelle. Chez plus

d’un croyant sincère, il entraîne un sentiment de rejet ou de révolte, chez

d’autres un désintérêt croissant pour toute la doctrine de l’Eglise.»

(apic/cip/pr)

14 juin 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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