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Rome: mise à jour du Directoire catéchétique (230994)

Jean-Paul II: il faut assigner ses limites à l’inculturation

Rome, 23septembre(APIC) Certaines parties du Directoire catéchétique général élaboré au lendemain du Concile Vatican II doivent être conservées,

d’autres doivent être réécrites, eu égard aux problèmes les plus délicats

que la catéchèse des prochaines années devra nécessairement affronter.

C’est ce qu’annonce Jean-Paul II dans une lettre adressée au cardinal José

T. Sanchez, préfet de la Congrégation romaine pour le clergé.

Le pape s’exprime dans ce sens pour marquer la réunion de la 9e session

plénière du Conseil international pour la Catéchèse (COINCAT), tenue à Rome

du 20 au 23 septembre, qui avait précisément à son programme la révision du

Directoire général pour la catéchèse.

La mise à jour du Directoire catéchétique «s’est révélée particulièrement urgente suite à la publication du Catéchisme de l’Eglise catholique»,

écrit le pape, si bien que le thème des travaux de la COINCAT qui se sont

déroulés ces jours-ci à Rome «est sans aucun doute d’une grande portée». Le

Concile Vatican II avait proposé la rédaction d’un Directoire pour l’instruction catéchétique du peuple. Celui-ci fut préparé par une commission

internationale d’experts sur la base d’une ample consultation publiée le 11

avril 1971. «Plus de vingt ans après, estime le pape, on peut dire que ce

travail a eu une influence très positive sur le renouveau de la catéchèse,

en s’imposant comme un point de référence valable, autant pour ses contenus

que pour sa méthodologie».

Depuis, de nouveaux défis sont apparus, qui rendaient nécessaire cette

révision. Le travail effectué ces jours-ci sur la base d’études préalables,

d’observations et suggestions des experts s’est conclu en mettant en évidence que certaines parties du Directoire doivent être conservées, tandis

que «d’autres doivent être réécrites, eu égard aux problèmes les plus délicats que la catéchèse des prochaines années devra nécessairement affronter». Parmi ces problèmes, «s’il en est un qui est d’une importance particulière dans le contexte du monde d’aujourd’hui, c’est bien l’inculturation», précise Jean-Paul II, en soulignant que «la pluralité des cultures

est en fait de plus en plus marquée dans les régions de vieille tradition

chrétienne».

L’annonce de l’Incarnation…

Le pape poursuit: «Le devoir de l’Eglise d’annoncer la Parole de Dieu à

tous les peuples, exige par sa nature un effort continuel de ’traduction’

de cette Parole pour la rendre accessible à tous ses destinataires. L’inculturation se pose ainsi comme l’une des tâches les plus nécessaires et

vitales de l’évangélisation et de la catéchèse, mais aussi comme l’une des

plus difficiles et délicates. Cela requiert de la part de l’Eglise un effort continuel de discernement à accomplir dans l’obéissance à la Parole de

Dieu, dans une attention cordiale à l’homme, sous la direction du SaintEsprit. La comparaison modèle de ce travail est l’incarnation même du Verbe

de Dieu.

Il revient donc à une authentique théologie de l’Incarnation d’indiquer

les coordonnées de l’inculturation, de lui assigner ses limites, au-delà

desquelles l’illusion de traduire serait une trahison, peut-on lire. La

pierre angulaire de tout processus d’inculturation de la foi est l’annonce

de l’Incarnation comme un fait historique unique et définitif. Toute culture qui s’ouvre au Christ ne peut pas ne pas stabiliser un lien permanent

avec l’histoire concrète de l’Incarnation.

Pour Jean Paul II, l’Incarnation est en intime connexion avec le mystère

pascal de la mort et de la résurrection. L’accueil de cet événement cause

la prise de conscience du péché qui marque l’histoire humaine et qui la

rend radicalement subordonnée à la rédemption. «Le grain et l’ivraie

croissent ensemble dans le coeur de l’homme comme dans les cultures et dans

la société. Tout n’est donc pas conciliable avec le message chrétien.

Beaucoup de choses doivent être valorisées, mais qui doivent alors être

rectifiées, et tout doit être purifié et amélioré».

Et le pape de conclure: «La rencontre des cultures avec le Christ implique un chemin d’élévation jusqu’à la pleine maturité du Christ. Il ne peut

donc y avoir de vraie annonce du Christ que dans le cadre d’une proposition

de communion ecclésiale». (apic/jmg/pr)

23 septembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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