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apic/Chili/Politique

Quelle démocratie au Chili: débats en coulisses sur l’avenir politique

Le réseau «Kairos» analyse les quatre voies en discussions (220994)

Santiago du Chili, 22septembre(APIC) Le second gouvernement chilien de la

Concertation démocratique, présidé par le démocrate-chrétien Eduardo Frei,

se trouve à la croisée des chemins sur l’orientation politique à donner à

la démocratie. Le Chili, écrit le réseau «Kairos», est aujourd’hui placé

devant quatre voies politiques, actuellement en débat «souterrain» dans les

sphères dirigeantes.

Kairos énumère ces quatre voies. La première, soutenue par le ministre

secrétaire général de la Présidence, Genaro Arriegada, se caractérise par

des formules de conciliation entre le gouvernement, l’opposition de droite,

les entrepreneurs et les travailleurs.

Arriegada est le promoteur d’un paquet de réformes constitutionnelles

présentées au Parlement et destinées à augmenter la représentation populaire dans le Pouvoir législatif et à rendre le système électoral plus transparent. Par contre, Arriegada ne restitue pas au Président de la République

le droit de nommer les hauts responsables de l’armée (ce qui mettait le

président dans l’impossibilité d’écarter le général Pinochet, Commandant en

chef depuis 21 ans). La réforme d’Arriegada ne représente pas non plus un

progrès en ce qui concerne les droits de l’homme.

La seconde, celle de la droite (et de Pinochet), prétend assurer «la

pleine démocratie» par la représentation de tous les courants d’opinion au

Parlement (y compris les Communistes, qui représentent 6% des voix mais qui

en étaient exclus jusqu’à présent). Parmi les réformes à voter, le principal thème de l’agenda devrait être une loi d’amnistie qui dégage la responsabilité pénale des militants de gauche accusés de délits terroristes et

des militaires impliqués dans des violations des droits de l’homme.

La troisième voie, soutenue par l’armée, réclame «l’oubli du passé»: on

efface l’ardoise et on remet les compteurs à zéro.

La quatrième et dernière est formulée par l’équipe d’intellectuels de la

Fondation d’Aide sociale des Eglises chrétiennes (FASIC). Elle préconise

«une vérité claire et précise en matière de droits de la personne». La FASIC estime qu’il y a consensus dans le débat politique actuel pour considérer qu’il n’y aura pas de démocratie pleine et légitime tant que l’ensemble

de la population ne considérera pas comme résolus les cas de violation grave des droits de la personne durant le régime militaire, et qu’il est donc

indispensable de doter les juges des pouvoirs nécessaires pour accéder à

toute l’information sur ces cas.

En tant qu’institution des Eglises chrétiennes chiliennes, la FASIC critique le pragmatisme politique à la mode dans le pays parce qu’il cherche

des solutions sans tenir compte des valeurs morales; il exprime son désaccord avec la «vérité de classe» soutenue par la coalition au pouvoir et rejette l’anonymat et le secret dans lequel les droits de l’homme sont manipulés sous prétexte de ne pas compromettre un accord possible. (apic/cippr)

22 septembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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