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Italie: Rencontre controversée entre le cardinal (180994)

Sodano et le leader néofasciste Gianfranco Fini

Rome, 16septembre(APIC) La rencontre pour la première fois d’un haut responsable du Vatican avec un leader d’extrême-droite italien, a déclenché

une vive polémique en Italie. C’est en effet mercredi que le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican, a rencontré Gianfranco Fini, leader de l’Alliance Nationale (AN), composée notamment des néofascistes du

MSI.

C’est par l’entremise du cardinal Silvio Oddi (84 ans), ancien préfet de

la Congrégation pour le clergé, que la rencontre avait été mise sur pied.

Connu pour ses positions conservatrices, le cardinal Oddi, immédiatement

après les élections nationales d’avril, s’était étonné des craintes émises

envers des forces politiques qui, selon lui, veulent être «catholiques et

qui très certainement ne sont plus fascistes, mais au contraire composées

d’hommes qui ont le sens de l’ordre».

Gianfranco Fini qui appartient à la coalition gouvernementale dominée

par le parti «Forza Italia» de Silvio Berlusconi, avait spécialement courtisé les catholiques lors de la campagne électorale. Se faisant passer pour

un modéré, il a pris des positions proches de l’Eglise catholique dans les

questions de la famille, du mariage et des écoles catholiques, ce qui lui a

attiré les suffrages d’une partie de l’électorat catholique.

Dans une interview accordée cet été, Gianfranco Fini avait lancé: «Nous

sommes derrrière le pape» et sa doctrine sociale. Le temps parut alors mûr

pour une prise de contact officielle. L’échange de vues entre le cardinal

Sodano et l’homme politique de droite – les deux participants ont tenu à

maintenir la discrétion sur le contenu de l’entretien – s’inscrit certes

dans le cadre des rencontres informelles de l’Eglise avec des personnalités

politiques de différentes tendances idéologiques.

Malgré tout, cette rencontre a suscité maintes critiques. Si Mgr Clemente Riva, évêque auxiliaire de Rome, a salué dans le quotidien «Corriere

della sera» les contacts du Vatican avec toutes les forces politiques qui

comptent, d’autres évêques ont cependant fait part de leurs réserves. En

effet, notent-ils, «il ne suffit pas de faire de grandes déclarations sur

sur la famille et l’école pour pouvoir s’attribuer le nom de chrétien; il

est tout aussi nécessaire d’avoir des positions cohérentes sur les questions de solidarité et en particulier en ce qui concerne les immigrés et

les gens du voyage». (apic/cic/ba)

16 septembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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