Allemagne: les thäologiens restent critiques (160994)
sur l’encyclique «Veritatis splendor»
Bonn, 16septembre(APIC) Morale näo-intägriste sous tutelle romaineÜÜ,
ÄÄrestauration näoscholastiqueÜÜ, ÄÄnäo-thomisme au dätriment du pluralisme thäologiqueÜÜ: ce
sont quelques-unes des appräciations portäes sur l’encyclique ÄÄVeritatis
splendorÜÜ (La Splendeur de la väritä) de Jean-Paul II un an aprüs sa
parution (5 octobre 1993), dans une ädition späciale des ÄÄquaestiones
disputataeÜÜ de la cälübre särie allemande ÄÄHerderÜÜ.
Dans sa prochaine livraison, qui parai^tra la semaine prochaine, Herder
donne la parole § seize thäologiens, allemands pour la plupart, sous le
titre: ÄÄLa thäologie morale hors jeu ?ÜÜ Selon son rädacteur final,
Dietmar Mieth (Tußbingen), ÄÄc’est la premiüre fois qu’une encyclique est
abordäe par autant de späcialistes de la thäologie morale comme une
«question disputäe» et donc comme une «prise de position discutable»ÜÜ.
Les thäologiens qui ont apportä leur collaboration § cette ädition späciale
traitent aussi bien ÄÄle fonds de l’affaireÜÜ (le cadre conceptuel, le
recours § la bible, la tradition thäologique, la loi morale, la conscience)
que des ÄÄquestions de dätailÜÜ, comme le ÄÄmal intrinsüqueÜÜ et les
renvois au cardinal Ratzinger, präfet de la Congrägation pour la doctrine
de la foi, qui äcrivait en 1966 que, me^me quand l’autoritä de l’Eglise
s’est prononcäe de maniüre contraignante, le chrätien doit suivre sa
conscience en premiüre instance, le cas ächäant § l’encontre de
l’enseignement de l’Eglise.
Une tendance gänärale se dägage de la plupart des contributions, qui sont
trüs critiques, däplorant en particulier que les moralistes aient § peine
ätä consultäs lors de la rädaction du document. C’est d’autant plus
fa^cheux, selon eux, que ÄÄVeritatis splendorÜÜ est la premiüre encyclique
consacräe exclusivement § des questions de thäologie morale fondamentale.
D. Mieth reproche § l’encyclique de ÄÄsous-estimer l’intelligence humaine
en tant qu’instance moraleÜÜ, en rappelant qu’ÄÄil n’y a pas de directives
morales concernant la vie moderne et l’ätat actuel de la recherche dans le
domaine des sciences naturelles qui puissent e^tre fondäes exclusivement
sur la bibleÜÜ. De telle sorte que, dans des normes particuliüres, par
exemple en matiüre de contraception, ce fondement est ÄÄextre^mement
faibleÜÜ. Mieth räclame § ce propos ÄÄun plus grand courageÜÜ de la
räflexion morale dans ÄÄun monde interdisciplinaireÜÜ. Selon lui, les
thäologiens actuels sont ÄÄtenus pour suspects et disqualifiäsÜÜ par le ou
les auteurs du document, lequel ävoque ÄÄles sombres heures de la libertä
et de la conscience, au XIXe siücleÜÜ. Il ajoute: ÄÄDans une telle
situation, notre devoir est de prendre la parole, par fidälitä § l’Eglise,
car les choses ne peuvent en rester l§.ÜÜ
Michael Theobald (Tußbingen) reproche § l’encyclique de ÄÄmettre § nouveau
l’äthique compacte de la bible dans le registre des traitäs classiquesÜÜ et
de ne tenir aucun compte de ÄÄl’ätat actuel de la recherche
historico-critique menäe en exägüseÜÜ. ÄÄCette recherche, explique-t-il,
part pluto^t d’une pluralitä de concepts äthiquesÜÜ qui ne peut se räduire
§ un ensemble de ÄÄrüglesÜÜ.
Karl-Wilhelm Merks (Nimügue) met en cause ÄÄune approche de la tradition
qui n’est pas irräprochableÜÜ et ÄÄune mäconnaissance du ro^le actif de
l’intelligence humaine dans l’ätablissement des normes au profit de
l’accent sur l’obäissance et la räceptionÜÜ. Bernhard Haßring regrette que
ÄÄle pape actuel s’identifie carräment § ’l’autoritä morale’ÜÜ. Alfons
Auer, s’il est ÄÄpositivement surprisÜÜ de constater que l’encyclique ne
renvoie pas § des ÄÄsentences infailliblesÜÜ et laisse la place ÄÄau däbat
scientifiqueÜÜ, däplore toutefois, § propos de situations pastorales comme
celle des divorcäs remariäs, ÄÄle däsaveu explicite de la compätence
pastorale de l’autoritä doctrinale de l’äve^queÜÜ.




