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Brésil: la reconquête de l’Eglise par les conservateurs (181094)
L’analyse de la revue «Isto E»
Bruxelles, le 17 octobre 1994 (CIP) Dans sa tentative de freiner la croissance des sectes pentecôtistes, la hiérarchie catholique du Brésil concentre toujours plus son effort dans l’action religieuse au détriment de l’action politique, estime la revue brésilienne «Isto E». Le Renouveau charismatique est l’arme principale pour combattre l’expansion évangélique.
Cette nouvelle attitude a eu un impact sur la vie politique, estime-ton
dans les milieux populaires: en s’éloignant des mouvements de revendication
et en diminuant le pouvoir des Communautés ecclésiales de base (CEB), de
type progressiste, l’Eglise a porté un rude coup au Parti des Travailleurs
(PT). A la veille des dernières élections, on a vu des politiciens installés dans des groupes traditionnels qu’il y a peu encore on aurait taxés de
«conservateurs», recruter des électeurs à la sortie des messes.
L’orientation conservatrice s’est dessinée clairement dans l’Eglise dès
1985, ajoute la revue, notamment avec la censure imposée au théologien Leonardo Boff. Depuis, Rome a fermé des écoles religieuses «progressistes» et
divisé l’archidiocèse de Sao Paulo. Dans les nouveaux diocèses, on a nommé
des évêques conservateurs, à l’exception d’Osasco, où l’on a conservé Dom
Francisco Manuel Vieria. A Recife, Salvador, Novo Hamburgo, Teofilo Otoni,
les évêques progressistes ont été remplacés par des évêques conservateurs.
Sur les 150 évêques brésiliens nommés par Jean-Paul II depuis 1978, 57
seulement peuvent être considérés comme «progressistes», selon la revue
«Isto E». Et 274 prêtres polonais sont actuellement à l’oeuvre au Brésil,
ajoute-t-elle. Déjà en 1980, la visite de Jean-Paul II au Brésil avait pour
but de contenir l’avancée de l’aile gauche, relève la revue. Rome considérant que l’option préférentielle pour les plus démunis introduit la lutte
des classes dans la religion et que la théologie de la libération est un
exemple regrettable de politisation de la foi.
«Isto E» juge que cinq ans après avoir démembré l’archidiocèe de Sao
Paulo, le Vatican peut s’estimer victorieux: le Centre de Communication et
d’éducation populaire de Sao Miguel (CEMI), qui produisait des brochures et
conseillait les «mouvements populaires» dans le domaine de l’éducation, a
été fermé. «Le peuple crie», journal édité par le CEMI qui abordait des
thèmes politiques, ouvrait un espace aux revendications des habitants et
éreintait les autorités dans ses pages, s’est vu restructuré et rebaptisé
«La Voix du diocèse». On y trouve désormais beaucoup plus d’annonces de célébrations religieuses.
Selon les estimations de la Conférence épiscopale brésilienne, le mouvement pentecôtiste séduit chaque année 600’000 catholiques. L’engagement
des charismatiques a donné naissance au lancement du nouveau réseau de TV
catholique qui atteindra les 252 diocèses brésiliens. (apic/cip/mp)




