Le texte contient 33 lignes (max. 75 signes), 358 mots et 2418 signes.
apic/Haïti/Lettre pastorale
Haïti: Les évêques haïtiens dénoncent la (121094)
«tutelle de la communauté internationale»
Pas un seul mot sur le retour du président Aristide
Port-au-Prince/Rome, 12octobre(APIC) «Haïti n’est plus une nation libre
et souveraine; depuis le 19 septembre 1994, notre pays vit sous le régime
de l’intervention militaire étrangère», écrivent les évêques catholiques
d’Haïti dans une lettre pastorale rendue publique mercredi à Rome. Les évêques haïtiens se demandent si la force d’intervention ne risque pas, par sa
présence et son mode d’action, de «contribuer à renforcer l’intolérance et
l’intransigeance». Pas un mot par contre sur le retour, prévu pour ce samedi, du président élu Jean-Bertrand Aristide, «bête noire» des militaires
putschistes.
Dans son appel à la réconciliation publié à Port-au-Prince, la Conférence épiscopale d’Haïti insiste pour que soit établi dans le pays un véritable «état de droit», sans lequel il n’y a pas de véritable démocratie. Les
évêques signataires de la lettre (il manque les signatures de l’évêque de
Jérémie, Mgr Willy Romélus – «en dehors du pays» – et celle de l’évêque de
Fort-Liberté, Mgr Hubert Constant, – «en mission pastorale») mettent en
garde contre une interprétation du mot «justice». Selon eux, il veut dire
pour bon nombre de gens en Haïti «vengeance», «violence», «haine».
Une explosion de vengeance et de haine
«Malheureusement, poursuivent les signataires de la lettre pastorale, ce
que nous constatons aujourd’hui en Haïti, c’est une clameur pour la justice
qui ressemble très souvent à une explosion de vengeance et de haine; des
slogans sont lancés pour désigner à la foule celui qu’on veut traduire par
devant le ’tribunal populaire’». Evoquant l’»état de délabrement et de
désorganisation» d’Haïti, les évêques affirment que «nul ne peut se prétendre innocent, car nous portons collectivement le poids historique d’une
gestion incohérente».
Dans leur lettre, ils relèvent que la vie de l’homme en Haïti, dans les
relations sociales, politiques et économiques, est tissée de demi-vérités,
de contrevérités et de mensonges: «Par voie de conséquence, un déséquilibre
tragique s’est installé dans notre société et l’imposture fait loi». Et de
conclure qu’il en était ainsi hier et que la situation n’a pas changé aujourd’hui. D’où l’appel à la conversion réelle du coeur et des mentalités,
pour aboutir à la transformation réelle de l’homme haïtien. (apic/com/be)




