Le texte contient 68 lignes (max. 75 signes), 692 mots et 4641 signes.

apic/Eglise/Russie

Moscou: la plus grande église de Moscou sera reconstruite (041094)

Controverse autour d’une iconostase que détiendrait le Vatican

Moscou, 4octobre(APIC) Le gouvernement russe a approuvé le projet de reconstruire la plus grande église de Moscou pour un montant prévu de 150

millions de dollars. Ce projet s’inscrit dans le cadre de son programme de

rénovation des lieux de culte orthodoxes. Reste qu’une controverse autour

d’une iconostase de cette église et que détiendrait le Vatican demeure ouverte.

Le président Boris Eltsine a été l’un de ceux qui ont approuvé le projet. La restauration des églises, a-t-il souligné, permettra de créer un

climat dans lequel «il y aura moins de place pour le péché».

L’église du Christ sauveur, ouverte en 1883 pour commémorer la défaite

de Napoléon en 1812, infligée par l’armée russe, a été détruite en 1931 sur

l’ordre de Staline, pour permettre la construction du siège d’un conseil

municipal. Une piscine publique installée sur le site a été fermée il y a

trois ans.

Selon des informations parues dans la presse russe, la décision finale

de reconstruire l’église a été prise en septembre par une commission coprésidée par le maire de Moscou, Yuri Luzkov, et le responsable de l’Eglise

orthodoxe russe, le patriarche Alexis II.

Boris Eltsine, qui assistait à cette rencontre, avait alors exprimé

l’espoir que le gouvernement et les autorités régionales russes considéraient la reconstruction de l’Eglise comme «l’une des tâches les plus importantes de l’Etat». Selon les termes du président russe, la rénovation des

sanctuaires nationaux, comme l’église du Christ sauveur, facilitera «les

efforts visant à aboutir à un accord social».

Litige autour d’une oeuvre d’art

Selon l’architecte de la ville de Moscou, Leonid Vavakin, que cite

l’Agence d’information catholique de Pologne, l’équipe chargée de la reconstruction espérait également récupérer des objets sacrés et des ouvrages

d’art retirés de l’église avant sa démolition, et notamment une iconostase

de 422 kilos, qui serait au Vatican. L’architecte ajoute en outre que le

Saint-Siège a exprimé sa volonté de restituer l’objet dès l’achèvement des

travaux de réfection.

Une version cependant contestée par des responsables catholiques romains, qui nient avoir connaissance d’un accord concernant la restitution

d’une partie d’une iconostase en or de l’église, que détiendrait actuellement le Vatican. Le nonce du Vatican à Moscou, l’archevêque Francesco Colasuonno déclare de son côté ne pas être au courant de cet accord. Il n’est

pas davantage en mesure de confirmer si l’objet en question se trouve ou

non au Vatican.

Aux dires d’un prêtre de Moscou, Aleksander Khmielnitsky, rédacteur du

mensuel de l’Eglise catholique romaine «Istina i Zyzn» (Foi et lumière), il

est «très improbable» que l’iconostase, qui occupait un des murs intérieurs

de l’église, ait pu être emportée à l’Ouest après la démolition du bâtiment.

L’église du Christ sauveur, en forme de pyramide, qui comporte de multiples cryptes et salles souterraines, est le dernier de plusieurs monuments

historiques religieux à avoir été rouverts dans la capitale russe, où plus

de 130 lieux de culte orthodoxes ont été rendus aux fidèles.

Le projet de reconstruire de cette église date de 1988, durant les célébrations marquant le millénaire du christianisme en Russie. Il devait toutefois être retardé en raison de conflits portant sur l’augmentation des

coûts et sur l’utilisation des fonds de l’Etat pour la remise en ordre des

églises.

600 églises orthodoxes restaurées

Parmi les sites historiques orthodoxes restaurés ces trois dernières années figurent la cathédrale Saint-Basile et l’église de Kazansk sur la Place Rouge et l’église de l’Assomption, sise dans le quartier de l’Arbat, à

Moscou. On estime à 600 le nombre d’églises orthodoxes qui ont été reconstruites dans le pays.

En juin de cette année, des responsables orthodoxes avaient réclamé la

restitution de quelque 30’000 icônes et oeuvres d’art orthodoxes exposées

dans des musées nationaux après la Révolution de 1917. Or, des membres du

ministère de la Culture ont souligné que les oeuvres d’»importance historique» ne devraient pas être restituées car de nombreuses églises orthodoxes

ne sont pas protégées contre l’humidité et les vols. La législation russe

permet certes à l’Eglise de réclamer des biens confisqués. Elle précise

également que l’on ne doit pas toucher aux collections de musées. (apiceni/pr)

4 octobre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
Partagez!