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apic/Algérie/Forum/Rome

Rome: Colloque sur l’Algérie à la Communauté de Sant’Egidio (221194)

Le porte-parole du FIS en exil empêché par les autorités allemandes

Rome, 22novembre(APIC) Le colloque sur l’Algérie, commencé lundi dans les

locaux de la Communauté S. Egidio à Rome, qui organise la rencontre, s’est

poursuivi mardi. Les participants ont notamment entendu l’intervention, par

téléphone, de Rabah Kebir, porte-parole du FIS en exil, qui a essuyé un refus de sortie de la part des autorités allemandes. Rabah Kebir a notamment

dénoncé les volations des droits de l’homme en Algérie depuis 1962.

Le gouvernement algérien prend provisoirement ses distances face aux

discussions. La Communauté de S. Egidio précise à ce sujet que la rencontre

ne veut pas du tout remplacer des négociations officielles, une ambition,

qu’elle n’a jamais eue. Elle veut être «un forum neutre et ouvert, condition essentielle pour rendre possible, dans une phase postérieure, les véritables négociations en Algérie même».

Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, a relevé que

le colloque n’est pas une initiative politique du gouvernement italien. Il

ne nous appartient pas de juger les responsabilités politiques, a-t-il dit,

mais il nous revient d’enregistrer un drame aux proportions immenses. Cette

situation dramatique nous intéresse en tant que voisins émus et préoccupés,

qui ne se renferment pas dans l’hypocrisie du désintérêt.

Se disant convaincu que «les Algériens sont responsables de leur destin», A. Riccardi a poursuivi: «Une seule responsabilité nous incombe,

celle de dire que nous avons tous besoin d’une Algérie pacifique et démocratique qui puisse donner sa contribution à la vie de la Méditerranée,

charnière entre l’Europe méditerranéenne et l’Afrique… Les religions monothéistes, qui dans la Méditerranée connaissent une longue et riche histoire de cohabitation, peuvent faire de la Méditerranée une mer de paix».

Majorité silencieuse

Soulignant que le peuple algérien est très touché par l’initiative de la

Communauté de S. Egidio, Hocine Ait Ahmed, président du Front des Forces

Socialistes, a souligné que «nous devons avant tout tenter de mieux comprendre la situation en Algérie, où la majorité silencieuse demeure la base

essentielle d’un retour à la paix civile.» Le président du FFS a lancé un

appel à l’Union Européenne et aux Etats-Unis pour qu’ils prennent des mesures de solidarité urgentes et engagent le pouvoir à la négociation. Le représentant de la Ligue des Droits de l’Homme, Adbennour Ali Yahya, a pour

sa part regretté la «surmédiatisation» de l’assassinat de journalistes et

d’intellectuels qui n’est qu’un «fait divers» par rapport à la mort, chaque

jour, de citoyens «moyens». «Il y a dans notre pays trop de malheurs, trop

de morts, trop de sang versé, trop de larmes, trop de veuves et d’orphelins, trop de misères, trop de destructions… Il faut y mettre fin par le

dialogue».

«Pour sauver l’Algérie, il faut dialoguer avec le FIS», a affirmé de son

côté Ahmed Ben Bella, premier président de l’Algérie indépendante. «Le gouvernement a pris une mauvaise décision en refusant l’invitation à participer à ce colloque avec leur représentation, a-t-il ajouté. Pour lui, le

dialogue est un choix obligatoire, et la participation éventuelle de groupes armés intégristes est un faux problème, car si le gouvernement veut négocier, la présence de ces groupes est indispensable. Et de faire remarquer

qu’une partie du gouvernement, soutenue par la France, «est évidemment opposée à cette solution». Selon A. Ben Bella «L’Algérie est prise en otage

par des groupes militaires et armés qui contrôlent de grandes zones du

pays. La position de l’Italie est la plus intelligente. La France n’a pas

encore digéré l’indépendance de l’Algérie».

Dans le prolongement d’Assise

Le colloque de ces jours est le fruit direct des rencontres annuelles

des Religions Mondiales pour la Paix. Cette rencontre a eu lieu pour la

première fois à Assise en 1986, à l’initiative du pape. (apic/jmg/pr)

22 novembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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