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apic/assassinat J.Heyns/ réaction Eglises
Genève: les Eglises rendent hommage à Johan Heyns (081194)
et condamnent son assassinat en Afrique du Sud
Genève, 8novembre(APIC) Des responsables d’organismes d’Eglises ont condamné l’assassinat de Johan Heyns, ancien président de l’Eglise réformée
hollandaise d’Afrique du Sud, qui avait essayé de conduire cette Eglise à
renoncer à sa théorie de justification de l’apartheid.
Johan Heyns a été abattu par balles le samedi 5 novembre sous les yeux
de sa famille. Il aurait contribué, dit-on, à l’organisation de la visite
historique de Nelson Mandela, président de l’Afrique du Sud, à la réunion
du synode de l’Eglise réformée hollandaise en octobre de cette année.
Konrad Raiser, secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises
(COE), a déclaré lundi que «Johan Heyns restera dans nos mémoires comme celui qui, courageusement, a conduit l’Eglise réformée hollandaise à renoncer
à la justification théologique de l’apartheid, position soutenue depuis
longtemps».
«Dans la période de transition vers la démocratie, a ajouté Konrad Raiser, J. Heyns a aussi contribué à jeter des ponts entre les Afrikaners
blancs et les dirigeants des communautés noires». La mort de Johan Heyns
«laissera un grand vide auprès de tous ceux qui rêvent du jour où la paix
et la réconciliation seront pleinement réalisées en Afrique du Sud et où
les actes de violence insensés comme celui-ci appartiendront à un passé
douloureux et à jamais révolu».
Pour le secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale (FLM),
Ishmael Noko, l’assassinat de «cet homme d’Eglise et intellectuel» a «privé
l’Afrique du Sud d’un chef de file et l’Eglise d’un de ses fidèles serviteurs, à l’heure où la nation s’achemine sur la voie de la paix et de la
justice».
Milan Opocensky, secrétaire général de l’Alliance réformée mondiale
(ARM), a fait part aux responsables de l’Eglise réformée hollandaise de sa
«profonde consternation» à l’annonce de la nouvelle de l’assassinat de J.
Heyns.
Il avait fait l’objet de menaces de mort
La presse a rapporté que Johan Heyns avait fait l’objet de menaces de
mort. Un journal sud-africain a cité, sans donner son nom, un «éminent
théologien», selon qui les motifs de ce meurtre pourraient avoir été renforcés par l’importante contribution de J. Heyns au synode de l’Eglise.
L’an dernier, J. Heyns avait fait part à Konrad Raiser, en visite en Afrique du Sud, de son inquiétude devant «l’opposition manifestée par l’aile
droite de la communauté afrikaner pour qui l’apartheid avait un fondement
biblique».
Réaction de l’Eglise catholique
Pour la Conférence des évêques catholiques d’Afrique australe (SACBC),
«ce meurtre brutal, froid, calculé» a encore privé l’Afrique du Sud d’»une
grande personnalité». Johan Heyns avait, «avec tact et fermeté, conduit les
membres de son Eglise à renforcer la coopération entre les différents groupes d’Eglise en des temps difficiles», souligne la SACBC.
Lors du synode tenu en octobre, l’Eglise avait présenté ses excuses pour
les injustices commises à l’égard «des prophètes contre l’apartheid», entre
autres Beyers Naudé, ancien secrétaire général du Conseil des Eglises
d’Afrique du Sud (SACC), qui avait été expulsé de l’Eglise en raison de son
opposition à l’apartheid.
L’Eglise réformée hollandaise a aussi adopté une résolution visant à accélérer le processus d’union avec les Eglises réformées pour les noirs et
pour les métis. En 1982, l’Alliance réformée mondiale avait prononcé la suspension de l’Eglise réformée hollandaise en raison de son soutien à
l’apartheid et de la justification théologique qúelle apportait à ce système. «Tout en reconnaissant que l’Eglise avait fait d’importants progrès durant ces huit dernières années, l’ARM a maintenu la suspension de l’Eglise
réformée hollandaise», a précisé un porte-parole de l’ARM au journaliste de
«Nouvelles oecumémiques internationales» (ENI).(apic/eni/ba)
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