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Sicile: Menaces de mort contre un aumônier de prison (061194)

Macabre mise en scène de la mafia pour effrayer l’Eglise

Palerme, 6novembre(APIC) Alors que le pape Jean Paul II entamait sa quatrième visite pastorale en Sicile en dénonçant clairement la plaie du crime

organisé qui tient l’île sous sa coupe, la mafia s’est manifestée samedi en

s’en prenant à nouveau à un prêtre catholique. Le Père Gino Sacchetti, aumônier de prison à Termini Imerese, près de Palerme, a eu la désagréable

surprise de trouver un mouton égorgé suspendu à sa porte par un crochet de

boucher, et un billet lui annonçant qu’il finirait de la même manière. Un

nouvel avertissement de la mafia contre un prêtre s’exprimant publiquement

contre le crime organisé.

L’abbé Sacchetti, âgé de 55 ans, est depuis deux mois la cible d’attaques mafieuses. Ainsi, sa voiture a été incendiée en septembre dernier.

L’aumônier de prison a dénoncé publiquement à plusieurs reprises le trafic

de drogue contrôlé par la mafia.

Plusieurs incidents de ce genre ont fait monter la tension ces derniers

jours en Sicile. Le week-end dernier, l’abbé Mario Scifo, curé de l’église

de l’Assomption à Palerme, avait osé dénoncer sans ambages le crime organisé et appelé les fidèles à s’engager contre la corruption, les pratiques

usuraires et le trafic de drogue. Cette homélie n’a pas eu l’heur de plaire

aux paroissiens qui ont quitté l’église en masse. Le prêtre a ensuite reçu

de nombreux appels téléphoniques mettant en cause son sermon anti-mafia;

certains ont exprimé la crainte que l’édifice ne devienne la cible d’un attentat à la bombe.

Il y a deux semaines, un prêtre menacé de mort, le Père Zambolin, a dû

quitter Palerme, un an et un mois après l’assassinat dans la capitale sicilienne d’un autre prêtre anti-mafia, l’abbé Giuseppe Puglisi. Fin octobre,

suite à des menaces de mort répétées, le prêtre anti-mafia Roberto Zambolin

a dû quitter la ville. D’entente avec son supérieur et avec l’archevêque de

Palerme, le cardinal Salvatore Pappalardo, le Père Zambolin a préféré

partir plutôt que de vivre sous constante surveillance policière. (apiccic/be)

6 novembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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