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apic/AIIndonesie

Indonésie: «Opération nettoyage» du (021194)

gouvernement à la veille du sommet de l’APEC

Amnesty International s’inquiète de la forte augmentation de la répression

Londres, 2novembre(APIC) Les autorités indonésiennes sont à nouveau dans

le collimateur d’Amnesty International (AI). Qui dénonce le «nettoyage de

Djakarta» de tout ce qui dérange les autorités. A quelques jours du sommet

de l’»Asia Pacific Economic Cooperation» (APEC), qui réunira du 7 au 16 novembre les 15 pays membres dans la capitale indonésienne, les autorités

n’hésitent pas à recourir à la répression et à la torture pour museler les

détracteurs du gouvernement.

Les autorités du pays, écrit AI, mènent actuellement une vague de répression contre les détracteurs du gouvernement, les syndicalistes et les

«éléments criminels» pour «nettoyer Djakarta avant le sommet de l’APEC, une

organisation de coopération économique Asie-Pacifique.

La répression, qui a débuté en avril avec le lancement d’une campagne de

lutte contre le crime appelée «Opération nettoyage», s’est intensifiée au

cours des derniers mois, dénonce AI.

Selon l’Organisation de défense des droits de l’homme, des personnes détenues arbitrairement en raison de leurs activités politiques ont parfois

été victimes de tortures ou de mauvais traitements; des syndicalistes ont

été emprisonnés à l’issue de procès inique; enfin, un nombre toujours

croissant de criminels présumés ont été exécutés de manière «illégale».

«Pour préserver l’image d’une Indonésie paradisiaque pour les touristes

et économiquement prospère aux yeux de la communauté internationale, les

autorités restreignent de plus en plus la liberté d’expression et d’association, les droits des syndicalistes et menacent même le droit à la vie».

AI poursuit actuellement la campagne internationale qu’elle a lancée le 26

octobre 1994 et dont l’objectif est de mettre en lumière les problèmes relatifs aux droits de l’homme que connaît l’Indonésie depuis fort longtemps.

Presse muselée

Selon AI, le gouvernement veut réduire au silence avocats, journalistes,

universitaires et syndicalistes, entre autres, «c’est-à-dire tous ceux qui

pourraient formuler des critiques embarrassantes à l’encontre du sommet de

l’APEC». Au cours de ces derniers mois, note AI, les autorités ont interrompu ou interdit certaines manifestations. Elles ont de plus interdit dans

le courant de ces quatre derniers mois la parution de quatre magazines,

créant de plus un climat d’incertitude et de peur parmi les journalistes.

Le gouvernement indonésien, poursuit le rapport d’AI, a par ailleurs intensifié sa campagne de lutte contre la criminalité afin que le sommet de

l’APEC puisse se dérouler dans un contexte «de propreté et de stabilité».

La police, affirme l’Organisation internationale, a abattu un grand nombre

de suspects de droit commun maintenus en garde à vue, arguant qu’ils avaient cherché à attaquer des policiers ou à s’échapper. Cependant, dans de

nombreux cas, les victimes portaient des menottes ou ont été abattues de

face, ce qui met sérieusement en doute les explications officielles. (apicpr)

2 novembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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