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apic/Zaire/16 février
Zaïre: Les massacres de février 92 ne sont pas oubliés (201294)
Création d’un comité de commémoration
Kinshasa, 20décembre(APIC) Les «martyrs de la démocratie» tués à Kinshasa
le 16 février 1992 ne seront pas oubliés. Un Comité permanent de commémoration, vient de se constituer dans la capitale zaïroise. Le 16 février prochain la première pierre monument en l’honneur des disparus devrait être
posée sur la place des martyrs de la démocratie (ex-Place de la victoire).
«Dans l’histoire des peuples qui luttent pour leur libération, il y a
toujours des temps forts, des événements fondateurs… Pour nous, peuple
zaïrois, engagé dans la lutte pour notre libération d’un système dictatorial des plus sanguinaires, le 16 février 1992 restera dans nos mémoires comme la date du début de notre long combat non-violent contre les forces du
mal», explique au nom du comité José Mpundu, curé de deux paroisses de la
banlieue de Kinshasa, animateur du groupe «Amos», et lauréat du Prix de la
paix 1994 de Pax Christi International.
Le 16 février 1992, un peu partout au Zaïre, le peuple avait manifesté
dans la rue pour la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine,
l’organe de transition devant conduire au rétablissement de la démocratie.
Le pouvoir réprima sauvagement cette marche pacifique de l’espoir, causant
au moins une centaine de morts.
«Rallumons le flambeau de la liberté»: telle est la consigne que donne
le comité organisateur. «Aujourd’hui plus qu’hier, nous sommes victimes
d’un pouvoir qui continue à tuer, violer et voler dans le seul but de sauvegarder les avantages d’une minorité qui n’a pour seule stratégie que de
maintenir la majorité de notre population dans un perpétuel et permanent
état de peur et de misère physique, intellectuelle et morale», écrit-il.
Avant de décrire le «désastre»: abandon des enfants, absence de scolarisation, bradage de la monnaie, enlèvements et assassinats de jour comme de
nuit.
Pedant ce temps «la dictature, avec l’aide de ses alliés tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, semble reprendre du poil de la bête», observe l’abbé Mpundu. C’est pourquoi il est nécessaire de rappeler que ceux
qui sont tombés en 1992 ne sont pas morts pour rien. Non par une série de
manifestations émotionnelles, précise-t-il, mais par un engagement à poursuivre la lutte, afin de retrouver la force de la solidarité, vaincre la
peur de la répression, «payer le prix de la vérité qui rend libre». (apiccip/be)




