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apic/Jérusalem/Noël/Interview de Mgr Lutfi Laham

Jérusalem: Les 12 communautés chrétiennes veulent (071294)

fonder un Conseil supérieur d’Eglises à la mi-décembre

Une première historique

Jérusalem, 7décembre(APIC) Pour la première fois dans l’histoire mouvementée de leur cohabitation en Terre Sainte, les 12 communautés chrétiennes

de Jérusalem devraient être réunies dès la mi-décembre au sein d’un Conseil

supérieur des Eglises chrétiennes.

«C’est une chose très importante pour l’avenir, nous allons voir comment

nous pourrons avoir ensemble une voix commune», a confié à l’agence APIC

l’archevêque Lutfi Laham, l’exarque patriarcal grec melkite catholique de

Jérusalem.

A l’heure actuelle, il n’y a que les catholiques – latins, grecs-catholiques, syriens, arméniens, maronites – qui soient organisés de cette façon

en Terre Sainte. Mgr Laham estime que le tout récent «Mémorandum sur la signification de Jérusalem pour les chrétiens», adopté par l’ensemble des

communautés chrétiennes de la Ville Sainte ouvre des perspectives intéressantes. Notamment sous l’angle des rapports entre les confessions chrétiennes de Terre Sainte, car c’est la première fois que toutes se mettent d’accord pour signer un document commun.

Le «Mémorandum» affirme que Jérusalem «ne peut appartenir exclusivement

à un seul peuple ou à une seule religion» et demande, à cause de la signification universelle de la ville, que la communauté internationale offre

une garantie stable et permanente d’un statut spécial pour la Ville Sainte

des trois religions monothéistes. Aujourd’hui, note Mgr Lutfi Laham, pour

des raisons politiques et de sécurité, l’accès aux Lieux Saints n’est pas

libre.

Espoir pour Noël?Les territoires occupés toujours bouclés

«C’est terrible, les chrétiens et les musulmans palestiniens ne peuvent

pas venir à Jérusalem; même les moines, les religieuses et les religieux

des territoires occupés ne le peuvent pas», note l’archevêque Laham. Et

cette situation dure depuis des mois. Ainsi, le curé melkite de Naplouse ne

peut se rendre que très difficilement à Jérusalem: il reçoit un permis,

après maintes démarches, valable pour une seule journée, l’obligeant à

quitter la ville à 19h. «C’est contre le statut de Jérusalem», souligne Mgr

Laham.

Pour Noël, les responsables religieux chrétiens se demandent si les

chrétiens de Bethléem ou de Ramallah pourront venir prier au Saint-Sépulcre, ce que beaucoup d’entre eux n’ont pu faire depuis des années. On espère du côté des Eglises que grâce aux pressions internationales, les Israéliens donneront des permissions et des facilités pour les chrétiens des

territoires occupés.

Mgr Laham souhaite que le processus de paix israélo-palestinien en cours

permette que le Noël de cette année soit fêté normalement. Depuis quelques

temps, dans les rues, on sent que l’événement est très attendu. L’on craint

tout de même que les tensions intrapalestiniennes – notamment les dissensions entre l’autorité palestinienne et les intégristes du Hamas – ne débouchent sur un conflit sanglant.

«A Jérusalem et dans les territoires occupés, on remarque une grande attente au plan religieux, économique, touristique, car c’est la première

fois que l’on va fêter dans une atmosphère de paix… mais on ne sait pas

si cet espoir sera encore une fois frustré», commente Mgr Laham. (apic/be)

7 décembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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