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Fribourg: Assemblée ecclésiastique catholique provisoire (041294)
Des aumôniers pour les écoles, les hôpitaux et les prisons
Fribourg, 4décembre(APIC) Les modalités de la présence d’aumôniers catholiques, prêtres ou laïcs, au sein des établissements publics de l’Etat ou
des communes a été au centre des débats de l’assemblée ecclésiastique catholique provisoire du canton de Fribourg, réunie samedi à Regina Mundi. Si
le rapport final de la Commission VI a permis d’établir l’état des lieux et
de définir les besoins, plusieurs questions importantes sont toutefois restées en suspens.
La situation actuelle des aumôneries dans le canton de Fribourg est particulièrement complexe, chaque établisement scolaire, hospitalier ou pénitentiaire ayant pratiquement son système et ses normes propres. Les pouvoirs publics autant que l’Eglise ont tout intérêt à y mettre un peu d’ordre. C’est d’ailleurs ce que prévoit la loi de 1990 sur les rapports entre
les Eglises et l’Etat (LEE) qui stipule que l’Etat reconnaît l’exercice de
l’aumônerie dans ses établissements et peut y contribuer financièrement. Le
tout doit être réglé au moyen de conventions passées avec les Eglises.
Les établissements concernés (non compris l’école primaire) touchent
quelque 22’000 personnes dans le canton, soit les cycles d’orientation, les
écoles secondaires supérieures, les hôpitaux, les homes pour personnes âgées, les prisons et les institutions pour handicapés. L’Université dispose
par ailleurs d’une convention passée avec la Conférence des évêques suisses. Ce sont là autant de lieux où la présence de l’Eglise apparaît comme
primordiale. Pour chaque secteur, la Commission VI a évalué les besoins en
heures et en personnel. Un travail indispensable qui servira de base pour
les négociations avec les pouvoirs publics.
Des confusions au niveau de la terminologie
Plusieurs délégués ont cependant fait part de leurs doutes. La terminologie retenue, tant en français qu’en allemand, n’est pas satisfaisante.
«Parler d’aumônier pour un prêtre et de ’responsable d’aumônerie’ pour un
laïc, crée la confusion», a relevé Beat Renz (Courtepin). Plus grave, souligne Michel Monney (Fribourg), les modèles de convention proposés ne retiennent que deux partenaires: l’Etat d’un côté et l’Eglise de l’autre, représentée par l’évêque. Où sont les paroisses et la collectivité ecclésiastique cantonale qui devront financer ces tâches d’aumônerie? Un véritable
partenariat est nécessaire dès le départ, même si la LEE n’est pas suffisamment claire à ce sujet.
La question du financement des tâches d’aumônerie est délicate. Trois
cas de figure existent: le financement par l’Etat, le financement par
l’Eglise ou paritairement par les deux organes. Il convient de rappeler à
l’Etat ses responsabilités dans le domaine et de ne pas le décharger trop
vite, soulignent plusieurs délégués. L’Eglise ne saurait financer seule
toutes les tâches d’aumônerie. Dernier élément non résolu: les relations
oecuméniques, en particulier avec les réformés, qui sont primordiales dans
le domaine. Sous réserve d’un approfondissement de ces questions, l’assemblée a adopté le rapport final de la Commission VI.
La gestion des bénéfices curiaux sous la loupe
Autre objet à l’ordre du jour, la gestion des bénéfices curiaux. «Il
s’agit bien de la gestion et non de l’affectation des revenus», souligne
d’emblée Jacques Baeriswyl (Bulle). Le président de la Commission V souhaite y mettre bon ordre en proposant un système d’organes de surveillance et
d’autorisation. Dans le sillage de la révolution radicale à Fribourg en
1847, cette tâche a été dévolue à une Commission de surveillance des biens
du clergé instituée par la Convention de 1858, et composée de deux représentants de l’Autorité ecclésiastique catholique et deux représentants de
l’Etat. Ce domaine reviendra à l’Eglise et les responsabilités seront partagées entre l’autorité diocésaine et la collectivité ecclésiastique cantonale.
Les responsables de la gestion des bénéfices curiaux devront soumettre
leurs comptes à une commission de surveillance; obtenir l’aval d’une commission d’autorisation et de l’évêque pour les achats, les ventes, les servitudes, les droits de superficie, etc. «Les abus sont rares, mais toujours
possibles et peuvent parfois être très graves», remarque Jacques Baeriswyl.
Il faut donc distinguer clairement la gestion de la paroisse et celle des
bénéfices curiaux, afin d’éviter tout soupçon de pratiques complaisantes.
L’assemblée l’a unanimement suivi dans ce raisonnement.
Les délégués ont en outre élu les membres de la nouvelle Commission X.
Présidée par Isabelle Chassot (Granges-Paccot), elle sera chargée d’établir
le budget initial de la Corporation ecclésiastique cantonale. Par ailleurs,
trois nouveaux membres ont été assermentés: Jean-Paul Fragnière et Pierre
Portenier, de Fribourg, ainsi que Maurice Renevey, représentant la Veveyse.
(apic/mp)




