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Suisse: Dialogue entre la DDA et les Eglises (300195)
Un élément important de la coopération extérieure suisse estime W. Fust
Berne, 30janvier(APIC) Le dialogue permanent avec les Eglises constitue
un élément important pour les autorités suisses responsables de la coopération extérieure, a déclaré à Berne l’ambassadeur Walter Fust, chef de la
Direction de la coopération au développement et à l’aide humanitaire (DDA).
Dans une interview accordée à l’agence oecuménique ENI, W. Fust convient
que la DDA reconnaît la tâche que les Eglises accomplissent grâce à leurs
connaissances directes du terrain.
Un bon nombre d’organismes non gouvernementaux, laïcs et confessionnels
suisses présents dans le tiers monde, sont des «partenaires privilégiés» de
la DDA, qui leur affecte plus de 40% de ses ressources.
«Je suis totalement d’accord avec la nécessité de renforcer la société
civile dans le Sud, même si cela ne peut se faire d’un jour à l’autre», a
souligné l’ambassadeur Fust qui, avant d’occuper son poste actuel, a travaillé à l’Office de l’expansion commerciale, au secrétariat du Département
fédéral de l’Intérieur et aussi exercé des responsabilités diplomatiques
aux ambassades suisses à Bagdad et à Tokyo.
La Suisse est considérée comme l’un des pays les plus riches de la planète, avec un produit national brut (PNB) de 36’410 dollars par habitant le Mozambique se situe à l’autre extrémité de la pyramide avec seulement 80
dollars. Cela n’empêche nullement son budget lié à la coopération internationale de représenter 0,38% seulement de son PNB. Les Nations Unies recommandent aux pays industrialisés d’investir 0,7% du PNB à ce secteur.
D’âpres négociations ont eu lieu au Parlement en décembre de l’année
passée pour parvenir à un consensus sur un programme-cadre pour la période
1995-1998, qui n’atteint finalement pas les 800 millions de dollars annuels
destinés à la coopération et à l’aide humanitaire. Ce chiffre place la
Suisse proportionnellement très en dessous des pays scandinaves et des
Pays-Bas.
Une vraie nécessité pour une fausse peur
Selon l’ambassadeur Fust, les causes de cette coopération restreinte ne
doivent pas être cherchées seulement dans une certaine tradition culturelle
basée sur l’axiome «l’économie est la base de la fortune». Elles sont également dues à la crainte engendrée en Suisse par la récession et la crise
sociale. Comme l’augmentation du chômage par exemple. Ces craintes, avancet-on, provoquent dans la population un certain repli sur elle-même, des mesures plus restrictives envers les travailleurs saisonniers et une attitude
plus énergique contre les requérants d’asile.
«Nos sommes quelques-uns à concevoir la coopération comme une obligation
morale pour prouver la solidarité par des faits … une relation fondée sur
la participation entre partenaires. Alors que d’autres parmi nos concitoyens se replient sur eux-mêmes sans regarder au-delà de nos frontières», relève W. Fust.
Selon lui, il n’en demeure pas moins que l’opinion générale est favorable à la coopération (70% d’avis favorables selon les enquêtes), bien que
les montants affectés donnent lieu à divers points de vue.
Qu’en est-il de la «double morale» de la plupart des pays du Nord, qui
appuient la coopération et tirent en même temps d’immenses bénéfices de la
vente d’armes au Sud?
Plus que de double morale, répond W. Fust, je parlerai d’incohérence.
Car il n’est pas logique que le Nord affecte en effet 60 à 70 milliards de
dollars à la coopération avec le Sud, et qu’il vende des armes dans le même
temps pour un bénéfice bien supérieur. L’arrivée en Suisse de capitaux en
fuite ainsi que le processus d’endettement croissant du tiers monde constituent d’autres facettes de cette incohérence mondiale contradictoire.
Selon M. Fust, tous ces problèmes justifient un intense processus d’éducation civique pour faire comprendre que les problèmes du développement
«sont devenues une question politique pour l’ensemble de la planète … qui
concerne le Sud et le Nord».
La tâche de formation et de conscientisation en Suisse même est ainsi
l’un des principaux défis des organisations non gouvernementales, étant
donné qu’elles «sont des avocats fondamentaux de cette cause». Cette cause,
ajoute W. Fust, est également ce qui nous rapproche et stimule le dialogue
avec les Eglises. Le défi est très grand. Les forces doivent d’autant plus
confluer. Il en découle, conclut-il, que nous avons tous une responsabilité
dans «le développement du monde dans son ensemble et sa marche vers un
meilleur équilibre, la stabilité et la sécurité». (apic/eni/pr)




