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apic/Pologne/Déclaration évêques/50e anniversaire/libération d’Auschwitz
Pologne: Les évêques commémorent la libération d’Auschwitz (230195)
Non à toute forme de racisme, d’antisémitisme et d’»antipolonisme»
Varsovie, 23janvier(APIC) Les évêques catholiques de Pologne, dans une
déclaration commémorant le 50e anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz, ont lancé lundi à Varsovie un appel solennel contre toute forme de mépris de la dignité humaine, de racisme, de xénophobie,
d’antisémitisme et d’»antipolonisme».
Les cinquante ans qui se sont écoulés depuis la libération du camp de
concentration d’Auschwitz-Birkenau, le 27 janvier 1945, attire encore une
fois notre attention sur la réalité douloureuse et la symbolique de ce
camp, dans lequel des milliers de Juifs, de Polonais, de Russes, de Tziganes et de membres d’autres nationalités ont eu une mort cruelle, écrivent
les évêques polonais.
Premières victimes d’Auschwitz: l’intelligentsia polonaise
C’est quelques mois après l’invasion de la Pologne, dans la première
moitié de 1940, que les nazis allemands érigèrent le camp de concentration
d’Auschwitz, sur un territoire polonais annexé au Troisième Reich. Dans les
débuts du camp, écrivent les évêques, les premiers prisonniers et les premières victimes furent des milliers de Polonais, essentiellement des membres de l’intelligentsia, des membres des mouvements de résistance, mais
aussi des prêtres et des représentants de toutes les couches sociales. «Il
n’y a pour ainsi dire pas une famille polonaise qui n’ait pas perdu au
moins un parent proche à Auschwitz ou dans un autre camp».
Parmi ceux qui souffrirent dans ce camp de la mort, les évêques polonais
mentionnent la figure héroïque du Père Maximilien Kolbe, qui a donné sa vie
en août 1941 pour sauver un autre prisonnier, et qui fut béatifié par Paul
VI et canonisé par Jean Paul II. Mais très rapidement les nazis utilisèrent
également ce camp pour les Juifs polonais, membres eux aussi de la société
polonaise qu’ils voulaient réduire à néant. A la suite de la Conférence de
Wannsee, en 1942, le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau ainsi que
d’autres camps situés sur le territoire de la Pologne occupée, devinrent
des camps d’extermination et le lieu de mise en oeuvre de l’idéologie criminelle de la «solution finale de la question juive», c’est-à-dire l’extermination de tous les juifs d’Europe.
Les évêques polonais soulignent que l’holocauste des juifs n’a pas seulement grevé les relations entre juifs et Allemands, mais très fortement
nuit aux relations entre juifs et Polonais; ces derniers furent pourtant
aussi, même si ce n’est pas dans la même mesure, victimes de l’idéologie
nationale-socialiste et, en raison de la proximité dans laquelle ils vivaient sur place, témoins involontaires de l’extermination des juifs. Les
évêques polonais relèvent expressément qu’avant la guerre, la cohabitation
entre juifs et Polonais était bonne.
Héroïsme et abnégation des Polonais face à l’extermination des juifs
Et la déclaration épiscopale de souligner que de nombreux Polonais ont
réagi avec «héroïsme et abnégation» à la destruction des juifs par les nazis; ils ont caché des juifs, mettant ainsi en danger leur propre vie et
celle de toute leur famille. Des milliers de Polonais ont d’ailleurs été
reçus comme «Justes parmi les nations» pour avoir sauvé des juifs de la
mort. Mais à côté de cela, reconnaissent les évêques, il y a aussi eu des
hommes qui ont profité de la situation pour soutirer de l’argent à ceux qui
se cachaient ou qui les ont livrés aux Allemands. Ceux-là, écrivent-ils encore, «resteront pour toujours un reproche à notre conscience». (apic/knabe)




