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apic/Mgr Schwery/biographie
Mgr Henri Schwery: Un solide bon sens doublé d’un franc parler (190195)
Dix-huit ans d’épiscopat contre vents et marées
Fribourg, 19janvier(APIC) Henri Schwery est né dans le village paysan et
viticole de St-Léonard, près de Sion. Il est le dernier des 10 enfants de
la famille, dont cinq sont encore vivants aujourd’hui. De ses origines terriennes, le cardinal a toujours gardé un solide bon sens doublé d’un francparler, deux qualités très appréciées des Valaisans.
Après ses études dans son village natal puis à Sion, il entre au grand
séminaire de Sion et poursuit sa formation à l’Université grégorienne de
Rome. Rappelé en Suisse en 1957, il est ordonné prêtre puis envoyé à l’Université de Fribourg pour des études en sciences qui le destinent au professorat au lycée de Sion. Une tâche qu’il assumera de 1961 à 1968. Il est
alors nommé directeur du petit séminaire de Sion, puis en 1972 recteur du
Lycée-Collège de Sion. C’est en 1977 qu’il est appelé par le pape Paul VI
pour succéder comme évêque de Sion à Mgr Nestor Adam.
Si Mgr Schwery n’avait jamais eu la charge d’une paroisse avant son accession à l’épiscopat, il disposait néanmoins d’une bonne expérience pastorale en tant qu’aumônier de nombreux groupes et mouvements ou encore comme
aumônier militaire.
Evêque depuis 18 ans, Mgr Schwery a assumé de nombreuses charges au sein
de la Conférence des évêques suisses – ses dernières responsabilités
étaient celles des communications sociales, de l’école et de la formation
et des aumôneries militaire et spécialisée , – et de l’Eglise universelle.
Charges qui furent couronnées par son accession au rang de cardinal en juin
1991.
Un souci particulier de la famille et de la jeunesse
De son origine et de sa formation, Mgr Schwery a gardé tout au long de
son épiscopat, un souci particulier de la famille et de la jeunesse à qui
il a consacré de très nombreuses interventions. Ses compétences de mathématicien et de physicien en ont fait un interlocuteur privilégié avec le monde scientifique. Sa simplicité et sa franchise ont toujours été largement
appréciées par ses diocésains qui n’ont pas manqué de lui faire un triomphe
lors de son accession au cardinalat.
Jeune évêque de 45 ans, Mgr Schwery s’est trouvé confronté à de nombreuses difficultés avec la question des intégristes, dont le séminaire d’Ecône
est au coeur de son territoire diocésain. Plusieurs de ses curés seront
tentés d’aller dans cette voie, dans un Valais alors confronté à une poussée violente de la modernité due à un essor économique rapide. Tout en
adoptant une attitude de dialogue, Mgr Schwery sait être ferme et défendre
des convictions solides.
Durant plus d’une dizaine d’années, jusqu’à l’éclatement définitif du
schisme en 1988, Mgr Schwery devra affronter ce courant, tout en étant
parfois tenu à l’écart des discussions entre Mgr Lefebvre et le Vatican. Ce
qui, aux yeux des obervateurs, ne resta pas sans conséquence sur son humeur
et sa santé.
Sur le plan interne au diocèse, Mgr Schwery s’est signalé par sa volonté
d’une gestion efficace, n’hésitant pas à réformer de nombreuses structures
pour en créer de nouvelles. On lui doit la construction d’un nouveau séminaire diocésain, à Givisiez, près de Fribourg, la mise en place à tous les
niveaux d’organes pastoraux intégrant les laïcs, ou encore récemment l’introduction du diaconat permanent dans le diocèse. Son désir d’obtenir un
évêque auxiliaire pour le seconder n’a cependant pas abouti.
Homme de contacts, l’évêque de Sion n’a jamais hésité à se rendre dans
les paroisses, auprès des mouvements ou des jeunes, notamment lors des montées vers Pâques. Ses billets épiscopaux, sortes de petites catéchèses familiales basées sur l’actualité ont été pour lui un moyen privilégié de rejoindre les fidèles. La volonté de créer une Eglise communion où les chrétiens se sentent proches les uns des autres s’est concrétisée dans la mise
sur pied du Triennat de la Famille.
Président de la Conférence des évêques suisses de 1983 à 1988
Au plan suisse, au sein de la Conférence des évêques, dont il assuma la
présidence entre 1983 et 1988, il sera confronté à ’l’affaire Haas’, dans
laquelle son tempérament de lutteur sera une nouvelle fois mis à l’épreuve.
Ce fut également sous sa présidence que le pape Jean Paul II visita la
Suisse en 1984. On verra son visage dans toute la Suisse à propos d’une
campagne de prévention contre le sida. Vexé d’avoir été assimilé à une campagne prônant l’usage du préservatif, et estimant avoir été piégé, le cardinal Schwery en garda d’ailleurs une certaine amertume vis-à-vis des médias.
Au sein de l’Eglise universelle, Mgr Schwery a également acquis une certaine notoriété dès avant son accession au cardinalat. De 1973 à 1978,
l’évêque de Sion est membre de la Congrégation pour l’Education catholique.
Il participe, à Rome, à plusieurs symposiums d’évêques, puis aux Synodes de
1985, 20 ans après le Concile Vatican II, et de 1991 sur l’Europe. Sa nommination comme cardinal par le pape Jean Paul II n’en fut pas moins une
certaine surprise. Le cardinal Schwery est membre de la Congrégation pour
le culte divin et la discipline des sacrements, de la Congrégation pour le
clergé et du Conseil des cardinaux pour les affaires économiques du SaintSiège. (apic/mp)




