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Fribourg: Voeux de Mgr Mamie aux religieux et religieuses (020195)
Quand une soeur lituanienne parle à travers un évêque
Fribourg, 2janvier(APIC) Dans son message de Nouvel-An aux religieux et
religieuses de son diocèse, Mgr Pierre Mamie, évêque de Lausanne, Genève et
Fribourg, a pris comme fil conducteur le témoignage d’une religieuse lituanienne rencontrée en octobre dernier à Rome lors du Synode consacrée la
vie religieuse.
Prisonnière et en résidence surveillée durant 40 ans, appartenant à une
communauté dispersée par la force armée et la police, cette religieuse
avait dit simplement à Mgr Mamie les motifs de sa fidélité à la vie religieuse: la «Prière des heures», la vie ascétique, et chose plus difficile,
la prière quotidienne pour ceux qui persécutait sa communauté religieuse et
les gens de son pays.
Mgr Mamie a commenté alors le récit de la soeur: «Elles n’avaient plus
de toit, plus de maison à elles. Mais avant de se quitter, elles avaient
d’abord décider de rester unies, malgré les distances, dans la «Prière des
heures», un moment où l’on est jamais seul, où l’on dit ou chante des prières écrites surtout par le roi David, mais inspirées par Dieu, l’Esprit
Saint».
Autre raison de tenir pour la soeur lituanienne: «la vie ascétique», un
mot plus à la mode chez nous, aujourdhui, souligne l’évêque. Et pourtant
ces religieuses étaient plus que pauvres, elles avaient faim, elles n’avaient presque pas de vêtements, elles ne mangeaient pas tous les jours. Mais
elles avaient décidé, avant d’être séparées, d’avoir faim, d’avoir peur,
d’avoir froid plus que les autres, enfermées avec elles, car elles avaient
Jésus en elles, reçu souvent, presque miraculeusement, par le pain consacré
de la messe.
L’amour des ennemis
Mgr Mamie a enfin évoqué la troisième raison de la fidélité de la religieuse de Lituanie et de sa communauté dispersée: prier tous les jours pour
ceux qui les persécutaient, qui tuaient leurs Soeurs, leurs parents, leurs
frères et leurs amis. Elles ont prié tous les jours pour les policiers, les
soldats, les chefs d’Etat, les terroristes qui voulaient leur mort. Et Mgr
Mamie de se souvenir: «Le plus difficile, m’a-t-elle confié, sans aucun
commentaire, c’était de dire, dans leur coeur, tous les soirs: ’Je te pardonne’».
Recherchez l’ascèse et la pauvreté
L’évêque du diocèse pouvait alors dire, dans son allocution de Nouvel An
aux religieux et religieuses de son diocèse: «Quand vous dites votre office, tous les jours, malgré les fatigues et les lassitudes, vous priez toujours avec Dieu. Recherchez davantage l’ascèse et la pauvreté et demandez à
Dieu la grâce de tout pardonner».
Une question de la soeur lituanienne a touché Mgr Pierre Mamie: «Dans
votre diocèse, aime-t-on les évêques et le pape? Et l’évêque de répondre:
«J’ai dû, hélas lui avouer que plusieurs devraient faire mieux chez nous».
Pour la soeur lituanienne, cette union aux évêques et au pape, quel que
soit son nom, est un signe visible, la certitude, l’espérance qu’un jour
elle et ses soeurs retrouveraient la liberté. Car elles savaient, conclut
Mgr Mamie, qu’il y avait là-bas quelqu’un, sur la colline du Vatican, qui
continuait de condamner tous les fascismes, tous les «national-socialismes», tous les communismes, toutes les guerres, toutes les guerres ethniques et les autres». (apic/com/ba)




