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Burundi: Afflux de réfugiés burundais en Tanzanie (240295)

Appel de Caritas Catholica: bientôt 200’000 nouveaux réfugiés

Bruxelles, 24février(APIC/CIP) Depuis plus d’une semaine, des populations

burundaises d’origine hutue fuient vers la Tanzanie, au nord de Muyinga,

ville située au nord-est du Burundi, révèle le Secours International de Caritas Catholica à Bruxelles. Suite aux assassinats journaliers, précise Caritas dans un communiqué, les habitants de Muyinga ont pratiquement tous

quitté la ville. Les médias locaux en Tanzanie font état de 20.000 réfugiés, mais il est à craindre que leur nombre soit plus élevé. Un camp pour

100.000 personnes est en construction.

La ville de Muyinga s’est déjà vidée de sa population hutue. Quelques

jours auparavant, 508 élèves hutus de l’Ecole normale de Rugari avaient

également choisi le chemin de l’exil. L’UPRONA, principal parti

d’opposition, explique le nouvel exode par des mots d’ordre extrémistes du

PALIPEHUTU qui, installé en Tanzanie, s’efforcerait de faire venir un grand

nombre de hutus en vue de préparer des «actions révolutionnaires».

Escalade de la tension

Sur place, on parle de «génocides à la carte», exécutés par des extrémistes tutsis et l’on dénonce des «action punitives» de certains éléments de

l’armée. Dans le diocèse de Ngozi au Burundi, de nombreux incidents sont

créés par les groupes de population burundaise qui se sont dispersés dans

le pays pour fuir les extrémistes hutus et n’osent pas rentrer chez eux.

Or, dans la même région ont été accueillis, depuis le 6 avril 1994, des réfugiés rwandais qui, à la différence des Burundais déplacés, bénéficient

d’une aide du Haut Commissariat de l’ONU pour les Réfugiés.

La tension entre les divers groupes de population se trouve ainsi renforcée par des discriminations de statut non voulues mais réelles, ainsi

que par les vieilles rivalités ethniques. Certains groupes burundais dispersés se sont livrés à des pillages, des intimidations et des assassinats;

d’autres incidents ont été créés par des extrémistes hutus (maquisards),

d’autres encore par des groupes armés tutsis, signale Caritas.

Embuscades et représailles

N’ayant pas réussi à arrêter certains maquisards le 21 janvier, l’armée

a tué des civils : environ 70 personnes, hommes, femmes et enfants, suspectés d’avoir hébergé les maquisards. Cet incident a été dénoncé par l’ambassadeur américain, qui a reçu par la suite des menaces de mort. Un incident

semblable s’est produit à la mi-février au nord de Muyinga, où des

maquisards ont réussi à tendre une embuscade contre des éléments de

l’armée, faisant ainsi plusieurs morts. L’armée n’est pas parvenue à mettre

la main sur les coupables, mais ses représailles ont coûté la vie à une

quarantaine de civils et fait autant de blessés.

Mgr Simon Ntamwana, évêque de Bujumbura, a fait l’objet, le 17 février,

d’une nouvelle tentative d’assassinat. Et les menaces de mort dirigées contre ceux qui ont continué à se rassembler autour de l’évêque pour la messe

du dimanche à la cathédrale ne font qu’augmenter la tension sur place. La

tension s’est également accrue au début de cette semaine après la perte

d’un hélicoptère, probablement atteint par des tirs de maquisards.

L’appareil qui s’est écrasé sur le sol tanzanien, mais les débris n’ont pas

encore été retrouvés.

Bientôt 200.000 réfugiés ?

Alors que la ville burundaise de Muyinga a été vidée de sa population

hutue, des réfugiés rwandais qui s’étaient installés au nord ont commencé à

évacuer la région. Ils sont environ 60.000 en route vers la Tanzanie.

Caritas craint que d’autres réfugiés rwandais, installés dans la région de

Ngozi, prennent à leur tour le chemin de la Tanzanie, ce qui pourrait

rapidement porter le nombre des réfugiés à 200.000.

Un camp de transit a été ouvert le 11 février par Caritas à Mbuba à

quelque 50 km de Kitari, dans le diocèse tanzanien de Rulenge. Des réfugiés

y sont accueillis pour un ou deux jours. Or, dix jours après l’ouverture du

camp, quelque 20.000 personnes y avaient fait leur entrée, leur nombre

grossissant de jour en jour. (apic/cip/be)

24 février 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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