les Eglises et l’Occident de faire preuve de parti pris
Kénya: Le gouvernement kényen accuse (220295)
Nairobi, 22février(APIC) Le gouvernement kényen a vigoureusement rejeté
les critiques formulées par les gouvernements occidentaux et accuse ceux-ci
de faire preuve de parti pris. Depuis deux ans, la corruption et l’absence
de réformes démocratiques au Kenya sont dénoncées par la communauté internationale, entre autres le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, appuyés par les Etats-Unis, les Pays-Bas, la Scandinavie et l’Allemagne.
En 1993, celui qui était alors le vice-président et le président de la
Banque centrale du Kenya avaient été impliqués dans un scandale portant sur
29,5 millions de dollars EU concernant le paiement d’exportations fictives
d’or et de diamants.
Le gouvernement kényen s’est vivement élevé contre les attaques des
gouvernements occidentaux et des agences d’entraide, et il a également
critiqué le Conseil national des Eglises du Kenya.
Mutava Musyimi, secrétaire général du Conseil national des Eglises,
avait dénoncé la manipulation des pouvoirs exécutif, judiciaire et
législatif au profit de ceux qui détenaient le pouvoir, la dégradation des
institutions nationales et la division du pays selon des lignes
idéologiques et ethniques.
Le président du Kenya, Daniel arap Moi, a souligné qu’il ne servait à
rien que «nos amis occidentaux exigent de nous la transparence alors qu’ils
ne veulent pas voir la corruption au sein des organisations non
gouvernementales et organismes religieux».
Le président a tout particulièrement cité le Conseil national des
Eglises du Kenya, et l’a mis au défi de révéler le montant des dons qu’il a
reçus et des sommes qúil a affectées à la réalisation de projets.
«Certes, nous ne sommes qu’un pauvre Etat souverain, mais cela ne
signifie pas que nous devons être traités comme des enfants», a déclaré le
président Moi lors d’un rassemblement politique à Kajiado au sud du Kenya.
Par ailleurs, un professeur de sciences économiques de l’Université de
Nairobi, Gerishon Ikiara, a exhorté les Eglises à dénoncer les injustices
sociales et à faire campagne pour obtenir des réformes économiques et
sociales.
Depuis un certain temps, le gouvernement et les Eglises du Kenya sont en
désaccord sur un certain nombre de points, entre autres sur la corruption
qui s’exerce en haut lieu.
Des critiques émanent aussi de la communauté musulmane. Une centaine
d’imams se sont rencontrés dans la ville de Mombasa où ils ont décidé de
présenter, avec les chrétiens, un front uni contre le gouvernement de
l’Union nationale africaine du Kenya (KANU) lors des élections générales de
1997.
Les imams ont souligné que les musulmans étaient victimes de la
discrimination dans le domaine de l’emploi et de l’éducation.
Le Sheikh Ali Shee, de Nairobi, ainsi qu’un membre du parti au pouvoir,
Ratib Hussein, ont déclaré que les musulmans étaient marginalisés et ont
mis en garde contre les répercussions graves que pourrait avoir ce problème
s’il n’était pas réglé immédiatement. Selon Ratib Hussein, 45 % des
chômeurs sont musulmans. (apic/eni/eb)




