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apic/Aumoniers militaires

Pologne: Conférence internationale d’aumôniers militaires (190295)

Rétablissement des aumôneries militaires en Europe de l’Est

Varsovie, 19février(APIC) Les autorités ecclésiastiques et gouvernementales d’Europe centrale et orientale font aujourd’hui cause commune pour rétablir l’aumônerie militaire dans les forces armées après la chute du communisme. Une conférence internationale et interconfessionnelle d’aumôniers

militaires réunie récemment à Varsovie a fait le point de la situation à

l’Est.

L’initiative des communautés religieuses pour ranimer la pastorale dans

les forces armées est généralement soutenue par les autorités civiles qui y

voient le moyen d’encourager un renouveau moral dans la vie militaire et

civile, malgré l’opposition manifestée par certains cadres de l’armée.

Quelque 80 délégués de 30 pays – 12 généraux et amiraux, des évêques catholiques-romains, protestants et orthodoxes, un rabbin et deux imams turcs assistaient à la Conférence, accueillie par l’évêque catholique aux armées

de Pologne Mgr Slawoj Lezek Glodz, et placée sous le thème «L’aumônier, témoin de la foi».

Pour Herman Keizer, aumônier général (luthérien) des forces des EtatsUnis en Europe, le rôle de l’aumônier ne doit pas se limiter à la célébration de cérémonies religieuses; sa tâche est aussi de sensibiliser les soldats aux problèmes de l’alcoolisme, de la drogue, et autres maux. Les aumôniers doivent veiller à assurer «un juste équilibre entre les demandes religieuses et militaires» en encourageant les cadres à respecter les premières.

L’aumônerie militaire est également un lieu de contacts et d’échanges

oecuméniques, ont relevé les participants. Ainsi, en Pologne, Mgr Glodz,

l’un des 32 évêques catholiques dans le monde en poste auprès de l’armée, a

demandé en janvier aux prêtres de partager leurs églises avec les aumôniers

de la minorité orthodoxe de Pologne (570 000 membres). En janvier, l’archevêque Sawa de Bialystok-Gdansk a été installé comme évêque orthodoxe militaire d’Europe de l’Est. Un évêque de l’Eglise évangélique de la confession

d’Augsbourg de Pologne auprès de l’armée (90 000 membres), devrait aussi

être nommé en 1995.

Au cours même de la conférence cependant, un livre de prières distribué

aux soldats polonais, et leur demandant d’assister aux offices catholiquesromains, provoquait une vive controverse dans le pays. Le Ministère de la

défense a reproché à ce manuel de porter atteinte à la liberté de conscience. En Pologne, même sous le régime communiste, presque tous les soldats

étaient baptisés, et 80 % d’entre eux mariés religieusement. L’Alliance démocratique de gauche, formée surtout d’anciens communistes, accuse l’Eglise

catholique d’exercer une influence excessive au sein de l’armée depuis la

réintroduction de l’aumônerie militaire il y a cinq ans.

Cours de formation oecuménique en République tchèque

Selon un délégué de l’armée tchèque, le colonel Antonin Svancar, en République tchèque, comme en Slovaquie, de nombreux officiers se sont opposés

au retour des aumôniers après la chute du communisme. «Pendant 40 ans, notre armée a été détruite au plan spirituel», a ajouté le colonel. «Le niveau

culturel des cadres de notre armée, a chuté vertigineusement.» Dès avril,

une formation oecuménique sera dispensée à un premier groupe de cadres

«humanitaires» dont la nomination a été approuvée par le Ministère de la

défense en janvier, a précisé A. Svancar.

En Slovaquie, la fonction de pasteur de l’armée a été rétablie le 1er

février, exactement 45 ans après avoir été supprimée par un décret du gouvernement communiste. Selon Ignac Jurus, prêtre catholique, représentant du

Ministère de la défense slovaque, si l’endoctrinement athée dans l’armée a

pris fin en 1989 avec la chute du régime communiste, de nombreux officiers

slovaques ont ignoré, et même tourné en ridicule, une question portant sur

l’appartenance confessionnelle figurant dans un questionnaire de 1991.

Ignac Jurus espère que le rétablissement de l’aumônerie aura une influence bénéfique sur la société en général, et facilitera l’intégration militaire de la Slovaquie au sein de l’Organisation du Traité de l’Atlantique

Nord (OTAN).

Pas d’assitance spirituelle pour les soldats russes en Tchétchenie

En Russie, une commission de coordination, mise sur pied en mars 1994

par le patriarche Alexis II et le ministre de la Défense Pavel Grachev,

devrait être élargie et comprendre aussi des représentants des minorités

religieuses du pays. «De nombreuses recrues viennent à l’armée, en souffrant d’un profond vide spirituel après des décennies d’endoctrinement

athée», relève l’archiprêtre orthodoxe russe Viktor Petluchenko.

Ainsi, a-t-il rappelé, les soldats russes combattant en Tchétchénie ont

été «pratiquement privés de toute aide spirituelle», malgré la présence de

la paroisse orthodoxe de Saint-Michel Archange, encore ouverte dans la capitale tchétchène.

En Bulgarie, l’aumônerie militaire n’est pas encore rétablie et les prêtres ne peuvent se rendre dans les camps de l’armée que sur invitation. «On

assiste à la multiplication d’influences néfastes. Les jeunes sont attirés

dans des sectes qui n’existaient pas auparavant dans nos traditions», a

relevé le délégué.

L’évêque militaire catholique de Hongrie, Mgr Gaspar Ladoczy, a recruté

plus de 50 prêtres, mais il attend l’attribution de chapelles. Des aumôniers réformés et juifs sont également disponibles. (apic/eni/mp)

19 février 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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