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Rome: Le Vatican publie un argumentaire sur le cas de Mgr Gaillot

A la suite des réactions qui ont impressionné le pape et la curie

Pas d’éléments nouveaux (140295)

Rome/Paris, 14février(APIC/CIP) Les réactions au «transfert» de Mgr Gaillot ont impressionné Rome. La Congrégation pour les évêques ne s’en cache

pas dans une note qu’elle vient d’adresser aux évêques français. Un abondant courrier est parvenu au pape et aux organismes du Saint-Siège, peut-on

lire dans un texte émanant des services du cardinal Gantin. La note vaticane entend donner un éclairage sur les motifs de la mesure prise. «Tous les

moyens ont été mis en oeuvre», mais «malheureusement, tous ces efforts

n’ont pas abouti».

Dans un «argumentaire», la Congrégation pour les évêques, que préside le

cardinal Bernardin Gantin, donne en cinq points les raisons qui ont abouti

à la révocation de l’évêque d’Evreux. Aucune révélation nouvelle, en

vérité, si ce n’est le reproche déjà formulé à l’encontre de Mgr Gaillot, à

savoir sa manière de concevoir la collégialité avec ses confrères de

l’épiscopat français, ses distances prises par rapport à l’enseignement officiel de l’Eglise, et le constat d’échec dans un dialogue commencé il y a

plus de 10 ans, assure-t-on.

La note constate que le pape et plusieurs organismes du Saint-Siège ont

reçu de nombreuses lettres à propos de la mesure prise par mandat du pape,

à l’égard de Mgr Gaillot, alors évêque d’Evreux. Certains de ces correspondants expriment un souci réel, soit au sujet de l’évêque en cause lui-même,

soit au sujet du ministère qu’il entendait exercer à l’égard des personnes

les plus éloignées de l’Eglise ou même qui lui sont opposées. Ces lettres,

dit-on à Rome, traduisent parfois une vraie souffrance et une inquiétude

authentique.

Aux personnes et aux groupes qui en sont les signataires, le Saint-Siège

donne en cinq points quelques éléments de réponse, dont le premier, qui

précise à l’adresse des fidèles ayant manifesté une ou l’autre opinion: «On

comprend et on apprécie leur intérêt pour l’engagement de ceux et celles

qui s’efforcent de faire parvenir le message du Christ et de son Eglise aux

personnes et aux milieux les plus divers, y compris en intervenant dans les

médias».

La mesure prise à l’encontre de Mgr Gaillot n’est en rien motivée par ce

type d’engagement, ni par le fait de faire usage des médias, assure Rome

dans le second point. Qui précise dans un troisième que les motivations de

la décision que «l’on a dû prendre à regret sont d’un tout autre ordre; elles tiennent à un aspect constitutif de la mission d’un évêque, chargé

d’une portion du peuple de Dieu: la communion dans la foi de l’Eglise avec

ses frères dans l’épiscopat et, en tout premier lieu, avec le successeur de

Pierre. C’est à cela que chaque évêque s’engage quand il est ordonné».

Or, soutient ensuite la Congrégation pour les évêques, Mgr Gaillot marquait fréquemment ses distances par rapport à des enseignements officiels

de l’Eglise, ou même en prenait ouvertement le contre-pied, notamment en

matière de morale. «Dans ces domaines, l’évêque ne peut s’autoriser à faire

prévaloir ses propres conceptions sur celles que tient l’ensemble du collège épiscopal dont le pape est la tête.

Enfin, conclut l’argumentaire, il est inexact d’affirmer qu’il n’y a pas

eu de dialogue avec l’intéressé avant que la mesure soit prise. «Au contraire, le dialogue s’est prolongé pendant dix ans, dans l’esprit de ce que

recommandent l’Evangile et saint Paul. Il a eu lieu tant avec le Saint-Siège qu’avec de nombreux évêques et le président de la Conférence des évêques

de France, comme en témoigne la déclaration commune du cardinal Decourtray

et de Mgr Gaillot publiée le 15 février 1989. D’autre part, ainsi que l’a

précisé le communiqué de presse du 13 janvier dernier, le Saint-Père, luimême, en a parlé avec Mgr Gaillot lors de sa visite «ad limina». Il est

donc clair que tous les moyens ont été mis en oeuvre pour revenir à des

rapports harmonieux. Malheureusement, ces efforts n’ont pas abouti».

Pour la Congrégation présidée par Mgr Gantin, un évêque l’est pour toujours, même sans diocèse. «Mgr Gaillot reste évêque avec tous les droits

mais aussi tous les devoirs d’un successeur des apôtres, dont le premier

est le service de la communion dans l’unité de la vérité». (apic/cip/pr)

14 février 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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