Le texte contient 53 lignes (max. 75 signes), 554 mots et 3776 signes.

apic/Tchétchénie/Humanitaire

Tchétchénie: L’aide humanitaire plus urgente que jamais (090295)

La «Church World Action» et le COE se mobilisent

Genève, 9février(APIC) La guerre en Tchétchénie est loin d’être finie.

Elle menace de se déplacer dans les villages et les montagnes de la République même si l’armée russe resserre son étreinte autour de la capitale

Grozny. Telle est la mise en garde lancée par Finn Andersen, consultant en

aide humanitaire, qui revient d’un voyage en Tchétchénie.

«Les combattants tchétchènes sont chassés de la capitale, mais une fois

sortis de la ville, ils vont poursuivre la lutte dans les villages et les

montagnes», a-t-il déclaré à l’Agence oecuménique ENI, à Genève. Selon lui,

ils vont poursuivre le combat. «Dans tous les villages que nous avons traversés, nous avons vu des combattants tchétchènes très bien équipés».

Church World Action, organisme d’entraide oecuménique basé à Genève,

vient de lancer un appel et un programme d’aide aux personnes touchées par

la guerre. L’organisme souligne l’urgence de la situation des personnes déplacées dans la région, en particulier les femmes, les enfants et les personnes âgées.

Church World Action, mis sur pied par des organisations oecuméniques,

entre autres la Fédération luthérienne mondiale (FLM) et le Conseil oecuménique des Eglises (COE), a prévu un programme de six mois pour apporter assistance – nourriture et vêtements – aux 60 000 personnes affectées par le

conflit.

L’Eglise orthodoxe russe, bien représentée dans la région, et membre du

COE, sera chargée de l’application de ce programme sur place, avec le soutien technique et logistique de partenaires internationaux, sous la coordination de l’organisme d’entraide des Eglises hongroises. On attend 2,5 millions de dollars de donateurs, y compris les 420’000 dollars déjà promis

par les organismes d’entraide des Eglises en Suède et au Danemark.

Selon F. Andersen, qui avait été chargé par Church World Action

d’étudier les possibilités d’une action humanitaire des Eglises dans la région, les soldats tchétchènes sont bien disciplinés et équipés. Ils utilisent les armes légères amassées durant la période soviétique. «Ils ont de

nouvelles armes légères, de nouvelles grenades, des bazookas, des roquettes. Ils ont aussi pris des chars russes».

Il est difficile, a admis F. Andersen, de savoir combien de civils restent à Grozny, mais ils seraient entre 5’000 et 10’000 (avant la guerre, la

ville comptait environ 400’000 habitants). La plupart d’entre eux sont des

personnes âgées, vivant dans des conditions épouvantables, sans vivres ni

électricité, et la seule nourriture qu’ils reçoivent provient de zones contrôlées par les Tchétchènes.

«Les Russes, dit-il, utilisent des bombes qui projettent une multitude

d’aiguilles, bombes par ailleurs interdites par la Convention de Genève».

De nombreux civils fuient Grozny et il est nécessaire de leur porter assistance.

Au plan des secours, aucune distinction n’est faite entre les habitants

d’origine tchétchène et russe. «Ils viennent tous de Tchétchénie», ajoute

F. Andersen. Le programme de secours de Church World Action sera coordonné

avec les Nations Unies et d’autres organismes internationaux d’entraide.

Selon un porte-parole de Church World Action, il est difficile d’évaluer

les besoins exacts dans les conditions actuelles. Ce qui est certain, conclut-il, c’est que l’avenir immédiat de centaines de milliers de civils

forcés de fuir leurs foyers est très sombre… Aujourd’hui ils sont entassés dans des bâtiments publics, des écoles, des wagons vides, des salles de

sport, dans les Républiques avoisinantes du Daghestan, de l’Ingouchie et de

l’Ossétie du Nord. (apic/eni/pr)

9 février 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!