Le texte contient 49 lignes (max. 75 signes), 478 mots et 3510 signes.

apic/Allemagne/Nouveau diocèse de l’Egl. Othodoxe serbe

Allemagne: Création d’un nouveau diocèse de l’Eglise orthodoxe serbe

Dissensions avec les protestants: le dialogue est ouvert

Varsovie, 8février(APIC) Un nouveau diocèse de l’Eglise orthodoxe serbe

sera créé en Allemagne. Le patriarche Pavle, chef de l’Eglise orthodoxe

serbe, espère se rendre en mai en Europe occidentale pour l’inauguration de

ce diocèse. Cette visite renforcerait la «bonne coopération» existant entre

le Patriarcat de Belgrade et l’Eglise catholique romaine d’Allemagne, a

déclaré l’évêque serbe, Mgr Irinej Bulovic de Novi Sad; il a par ailleurs

déploré «l’insensibilité» de responsables protestants du pays.

La décision de former le nouveau diocèse, dont le siège sera à

Hildesheim en Allemagne, a été prise en mai dernier en vue de répondre aux

demandes pastorales d’un nombre croissant de membres en Allemagne, en

Autriche et en Suisse.

Toutefois, a ajouté Mgr Irinej, ceci exigerait d’abord une amélioration

de la structure pastorale parmi les 500 000 Serbes d’Allemagne, résidents

ou réfugiés temporaires.

«Nous n’avons pas assez de prêtres», a-t-il déploré. Avec un total de

3’500 prêtres, a-t-il ajouté, la situation de l’Eglise orthodoxe serbe, au

plan international, est meilleure qu’à la fin de la deuxième guerre mondiale, lorsque les restrictions imposées aux séminaires par les communistes

l’empêchaient de remplacer les effectifs qu’elle avait perdus durant la

guerre. «Mais même si nous avons aujourd’hui de nombreux candidats, il faut

un certain temps pour former de nouveaux prêtres».

L’Eglise orthodoxe serbe compte actuellement 35 diocèses. 13 d’entre-eux

seulement sont situés en Serbie et au Monténégro. Dix diocèses sont dans

d’autres régions de l’ex-Yougoslavie et le reste se trouvent dans le monde.

Le reste de l’ancien diocèse de l’Europe occidentale continuera d’être

basé à Paris, avec un diocèse séparé couvrant la Grande-Bretagne et la

Scandinavie, et un autre pour l’Europe orientale, à Budapest.

Dissensions avec les protestants

La coopération entre les Eglises orthodoxes serbes et catholique

allemande est un «signe prometteur pour tous les chrétiens des Balkans»,

souligne Mgr Irinej. Même si «comme le Vatican, le gouvernement allemand a

joué un rôle dans le déclenchement de la guerre en reconnaissant trop tôt

les nouveaux Etats de Croatie et de Slovénie», a-t-il fait remarquer. «A

l’heure où notre dialogue avec les chrétiens croates est semé d’obstacles,

l’Eglise allemande peut les aider à comprendre notre position. Elle peut

montrer qu’en tant que membres d’Eglises, nous devons rester indépendants

des politiques, en particulier en temps de guerre».

Mgr Irinej a critiqué l’Eglise évangélique d’Allemagne (EKD), dont il

déplore «l’insensibilité face à la tragédie qui touche toutes les parties

au conflit». Et de poursuive: «certaines personnalités de l’Eglise

évangélique adoptent la même position que les politiciens, influencés par

les vues très partiales des médias allemands.»

L’EKD a écrit au patriarche Pavle en juillet 1994 pour lui faire part

«des interrogations et des critiques de plusieurs théologiens et laïcs de

l’EKD», à la suite d’une déclaration des évêques orthodoxes serbes, donnant

l’impression que l’Eglise orthodoxe serbe était devenue un instrument des

milieux nationalistes cherchant à sauvegarder leurs intérêts sans tenir

compte des droits d’autres groupes religieux ou ethniques». (apic/eni/eb)

8 février 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!