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apic/Gaillot/COTMEC

Genève: La COTMEC indignée par la révocation de Mgr Gaillot

Lettre au pape Jean Paul II (020295)

Genève, 2février(APIC) La Commission tiers monde de l’Eglise catholique à

Genève (COTMEC), s’insurge à son tour à la suite de la révocation, par le

Vatican, de Mgr Jacques Gaillot. Dans une lettre adressée au pape Jean Paul

II, signée par une trentaine de laïcs et religieux au nom de la COTMEC, la

Commission tiers monde exprime son indignation. L’annonce de sa destitution, dit-elle, «a été assortie d’explications sommaires et peu convaincantes».

Pour la COTMEC, «il est reproché à Jacques Gaillot de ne pas s’être

’montré apte à exercer le ministère d’unité qui est le premier devoir d’un

évêque’. Nous sommes bien placés en Suisse, pour savoir que d’autres évêques qui, eux, n’ont manifestement pas fait preuve de cette aptitude, sont

toujours à la tête de leur diocèse». Et les signataires de se demander:

«L’unité avec le peuple de Dieu aurait-elle moins d’importance que l’unité

avec Rome?»

Si Jacques Gaillot choquait certains catholiques, c’était par excès de

zèle évangélique, dit la COTMEC. Qui constate que des évêques qui ont appuyé, au moins passivement, de sanglantes dictatures militaires (Argentine,

Chili, Haïti…) n’ont jamais été désavoués pour cela par le Vatican. «Serait-ce moins grave que de s’écarter de la ligne «officielle?» sur des sujets comme le célibat des prêtres ou l’usage du préservatif pour lutter

contre le sida? La fidélité à l’Evangile passerait-elle après la cohésion

de l’épiscopat?. Pour notre part, nous restons attachés à des figures comme

celles de Mgr Oscar Romero, archevêque de San Salvador, ou de Mgr Willy Romélus en Haïti, dont l’attitude courageuse a tranché avec celle de la majorité des évêques de leur pays».

Pour les signataires, la mise à l’écart de Jacques Gaillot a été décidée

par un «appareil» qui n’a nullement tenu compte de la sensibilité de nombreux membres du peuple de Dieu et des questions urgentes qu’ils posent,

avec un nombre croissant de théologiens, aux responsables de notre Eglise.

En conséquence, conclut la COTMEC, «nous nous permettons, cher frère Jean

Paul II, au nom de la charge qui vous incombe dans notre Eglise, de vous

demander de ne pas esquiver le nécessaire dialogue que réclament de nombreux chrétiens aujourd’hui et de redonner sa place à Mgr Gaillot». (apiccom/pr)

2 février 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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