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Soudan: Décret du gouvernement plus restrictif encore envers les Eglises
Inquiétude dans l’Eglise catholique
Khartoum, 1erfévrier(APIC) Les activités des Eglises au Soudan, déjà
fortement limitées par la volonté du pouvoir politique, pourraient être davantage restreintes encore. C’est du moins la crainte émise par le secrétaire général de la Conférence épiscopale du Soudan, qui s’inquiète de la
«situation critique» dans laquelle se trouve aujourd’hui l’Eglise après
l’abrogation, par le gouvernement, du «Missionary Societies Act» de 1962 et
son remplacement par une nouvelle loi signée par le président de la République le 4 octobre 1994.
Dans une lettre adressée à FIDES, le secrétaire de la Conférence, dont
le nom n’est pas donné par l’Agence officielle du Vatican, le «New Missionary Societies Act» de 1994, récemment approuvé par le gouvernement de
Khartoum, est considéré par les Eglises comme une limitation plus grande et
plus dangereuse encore que le «Missionary Societies Act» de 1962, qu’il
remplace désormais.
Le nouveau décret place les Eglises chrétiennes dans la catégorie des
associations ou sociétés volontaires, qui doivent être traitées selon un
amendement du «Societies Registration Act» de 1957. Le danger, peut-on lire, réside dans le pouvoir qui est donné au ministre concerné pour amender
les constitutions et les statuts concernant les buts et les activités de
chaque société ou association.
Pour le secrétaire de la Conférence des évêques du Soudan, un autre
point de «grave préoccupation» est le pouvoir donné à l’Office chargé des
sociétés, qui a ainsi la possibilité d’annuler l’enregistrement d’une société, de saisir ses propriétés… «Même s’il est permis de faire appel aux
tribunaux en certains cas, le contrôle judiciaire qu’exerce actuellement le
gouvernement ne laisse que peu d’espoir d’une décision impartiale dans ce
domaine».
Ce nouveau décret ne présage rien de bon. Déjà que l’ancien avait grandement limité les activités des Eglises durant ces trente dernières années,
en ne donnant pas la liberté aux missionnaires d’évangéliser, de construire
des églises, cela avec en plus le risque d’être chassés du pays.
Les autorités de l’Eglise catholique au Soudan considèrent ce décret
comme un instrument pour augmenter le contrôle et limiter davantage encore
l’évangélisation, et même comme un «instrument pour la destruction des
aspects institutionnels du Peuple de Dieu. L’archevêque de Khartoum, Mgr
Gabriel Zubeir Wako, ajoute la lettre en conclusion, est résolu à résister
à ce nouveau décret en ne se soumettant pas au contrôle. Les évêques du
pays pourraient lui emboîter le pas. Peu avant la visite du pape à Khartoum, en 1993, le gouvernement avait promis d’abolir le décret contesté.
Promesse tenue juste avant la visite dans ce pays du cardinal Francis Arinze… Mais pour quelque temps seulement. Puisque remplacé par un autre.
Plus draconien encore. (apic/fid/pr)




