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Fribourg: Encyclique sur la vie: commentaire du P. Roger Berthouzoz
Manifester la grandeur de l’homme vivant
Fribourg, 31mars(APIC) L’enseignement de la nouvelle encyclique de Jean
Paul II n’est pas nouveau, mais bien l’ampleur et la solennité que le pape
donne à cette annonce de l’Evangile, c’est-à-dire d’une Bonne Nouvelle du
don de la vie, note le Père Roger Berthouzoz, professeur de théologie morale à l’Université de Fribourg.
Cette encyclique, adressée aux fidèles de l’Eglise catholique et à toutes les personnes de bonne volonté, vise à promouvoir la valeur et l’inviolabilité de la vie humaine, face à l’injustice, à la violence et à l’indifférence qui règnent dans nos cultures, relève le dominicain, dans un commentaire adressé à l’APIC .
Les deux premiers chapitres, fermement enracinés dans le témoignage de
l’Ecriture Sainte, redisent à voix haute, d’une part les menaces qui pèsent
actuellement sur la vie humaine (7-28) et, d’autre part, le message chrétien qui manifeste la grandeur de l’homme vivant, de sa responsabilité visà-vis de l’autre et à l’égard de lui-même, ainsi que la vocation à une vie
nouvelle, dès maintenant et pour une communion éternelle avec Celui qui est
source de la vie.
Le chapitre III, intitulé «Tu ne tueras pas», la Loi sainte de Dieu,
réaffirme les enjeux réels de l’existence humaine menacée directement, à
son origine, par l’avortement provoqué (58-63) et à sa limite dans la
condition de la vie présente, par l’euthanasie (64-67). Ces deux menaces
sont particulièrment dénoncées, car les mentalités, et aussi les
législations dans un certain nombre de pays, tendent à banaliser ce qui
doit être clairement reconnu comme un homicide.
Cependant, l’Evangile de la vie ne se borne pas à dénoncer ces deux pratiques funestes, rappelle le P. Berthouzoz. Il est annonce et manifestation
de la responsabilité des fidèles et de toute personne de bonne volonté, face à la violence meurtrière qui ensanglante tant de populations aujourd’hui, ou de la famine qui affaiblit et qui tue par dizaines de millions. A la racine de ces maux, il y a l’injustice causée par l’égoïsme et
l’indifférence des peuples nantis.
L’encyclique aborde aussi les questions particulières de la légitime défense (55) à l’égard d’un injuste agresseur qui ne peut être empêché autrement de nuire que par sa disparition, ainsi que celle de la peine de mort
(56) dont les cas d’application pénale apparaissent à l’heure actuelle
«pratiquement inexistants».
Sans pouvoir entrer dans l’analyse de l’argumentation de l’encyclique,
notons que sont reconnues, avec compassion, les situations dramatiques et
la détresse profonde qui conditionnent souvent la décision d’un avortement
ou la démarche de l’euthanasie (11,18). Le pape manifeste particulièrement
son respect et l’espérance qui est donnée par l’Evangile à celles qui ont
eu recours à l’avortement (99). Cette vive conscience du malheur donne un
élan à la recherche des causes, aussi bien culturelles et sociales qui conduisent à de telles extrémités, ainsi qu’à l’affaiblissement de la conscience morale qui en est la conséquence.
Fondé sur la Bonne Nouvelle, qui est lumière et force pour tout croyant,
Jean Paul II désigne au chapitre IV les conditions et les engagements nécessaires au développement d’une nouvelle culture, dont les membres du Peuple de Dieu sont responsables en dialogue avec le membres des autres Eglises et communautés chrétiennes, avec les personnes appartenant à d’autres
religions ou professant d’autres convictions. L’enjeu est de promouvoir la
nouvelle culture de l’amour et de la solidarité, pour le bien de la cité
des hommes. (apic/mp)




