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Le Vatican et l’enlèvement d’Emanuela Orlandi
«Pas de tractations avec les ravisseurs» pour le moment (210395)
Rome, 21mars(APIC) Des tractations seraient en cours entre le Vatican et
les ravisseurs d’Emanuela Orlandi, fille d’un employé du Vatican, enlevée
en 1983, révèle mardi le quotidien italien «Il Messagero». Le Saint-Siège a
aussitôt publié un démenti, tout en se disant prêt à collaborer pour que la
lumière soit faite sur cette histoire.
Emanuela Orlandi, une jeune fille de 15 ans, a été enlevée le 22 juin
1983, alors qu’elle se rendait à un cours de musique dans le centre de Rome. Son père est un des rares laïcs à résider dans la Cité du Vatican, dont
il est citoyen à part entière, alors que la plupart des employés du petit
Etat résident à l’extérieur.
Toujours selon le quotidien italien, la jeune fille, aujourd’hui âgée de
25 ans, serait mère d’un enfant de 5 ans. Tous les deux vivraient sous un
faux nom dans le sud de l’Italie.
Le 5 juillet 1983, deux jours après un premier appel du pape aux ravisseurs, la famille Orlandi reçoit la communication d’une personne inconnue
et, par elle, une photocopie de la fiche d’inscription du conservatoire de
musique où Emanuela s’était rendue le jour de son enlèvement. En échange de
la libération de la jeune fille, l’interlocuteur anonyme exigera des autorités italiennes qu’elles fassent sortir de prison Ali Agça, qui tira sur
Jean-Paul le 13 mai 1981. En novembre 1994, les parents d’Emanuela reçoivent par le même correspondant une demande de transfert d’Ali Agça dans une
«prison pontificale», ainsi que plus d’informations précises sur leur fille.
En 1992, Ali Agça avait précisé dans une interview accordée à un hebdomadaire italien: «Il n’y a pas de rançon dans l’affaire Orlandi, mais il
s’agit d’un chantage contre le Vatican. Aujourd’hui, il n’est plus question
de faire chanter; il faut libérer Emanuela. Je pense que les ravisseurs la
libéreront rapidement. Le Vatican pourrait faire quelque chose».
Le quotidien «Il Messagero» avance, dans son édition du 21 mars, une
double hypothèse pour expliquer cet ensemble de faits: il y aurait un «lien
indissoluble» entre l’attentat contre le pape et l’enlèvement d’Emanuela
Orlandi; la clef de toute l’affaire se trouverait dans un mystérieux «complot interne au Vatican», dirigé contre la personne même du pape.
Le même quotidien ajoute à cette hypothèse les «révélations» suivantes:
le Vatican demanderait actuellement, par l’intermédiaire d’un avocat, des
preuves qu’Emanuela Orlandi est bel et bien en vie, tandis que les ravisseurs appartiendraient à «une organisation criminelle du sud de l’Italie»
et exigeraient «quelques dizaines de milliards de lires» pour libérer la
jeune fille.
A ces «révélations», le Vatican s’est empressé de réagir en démentant
être engagé dans une quelconque tractation avec des ravisseurs, et en soulignant la gratuité des «hypothèses» avancées: «Aucun élément n’est avancé
par les journalistes pour étayer leurs affirmations». (apic/jmg/pr)




