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apic/Edition du livre religieux

Paris: l’édition religieuse reprend du souffle (170395)

Un marché marginal qui intéresse les grands éditeurs

Paris, 17mars(APIC) Le marché du livre religieux retrouve du tonus et

suscite l’intérêt des éditeurs de littérature générale. Pour les éditeurs

religieux spécialisés, la situation est plus délicate. Parmi les 1’556 exposants du 15e Salon du livre de Paris, du 17 au 22 mars, les éditeurs de

livres religieux ne font cependant pas tous grise mine. Le dernier trimestre 1994 a enregistré une nouvelle poussée des ventes.

Le pape Jean Paul II reste une valeur très sûre, avec 600’000 exemplaires vendus pour «Entrez dans l’espérance» et 220’000 autres pour la «Lettre

aux familles». L’abbé Pierre avec son «Testament», comme Jacques Duquesne

avec «Jésus», ont tout deux dépassé la barre des 200’000 livres vendus. Ces

succès ont évidement aiguisé l’appétit de nombre d’éditeurs généraux qui

s’empressent de se jeter sur cette nouvelle manne. L’affaire Gaillot a relancé les ventes des écrits du prélat. «Le renouveau de l’intérêt pour la

religion est incontestable», reconnaît Françoise Verny, directrice éditoriale chez Flammarion, toute à son bonheur d’avoir décroché le contrat des

confessions de l’ex-évêque d’Evreux, à paraître début avril sous le titre

«En mon âme et conscience». Le même éditeur annonce dans la foulée une nouvelle biographie de Thérèse de Lisieux.

Les éditions du Seuil, de leur côté ont relancé la collection «Livre de

vie», interrompue au début des années 80. Elles comptent publier une dizaine de titres par an. De même la collection «Maîtres spirituels» va redémarrer avec une nouvelle présentation et dix titres annuels.

Les Editions du Rocher misent beaucoup sur «Moïse», d’André Chouraqui,

dont 30’000 exemplaires ont été mis sur le marché depuis début mars.

Albin Michel, auréolé du prix Goncourt, lance une nouvelle collection

avec «la bibliothèque spirituelle». Des livres au format demi-poche destinés au grand public et vendus à bas prix. L’ouverture de longue date aux

spiritualités de l’Orient, aux auteurs en marge de l’Eglise comme Eugen

Drewermann ou Bernard Besret, la recherche d’un public plus jeune, explique

les bonnes ventes de cette maison. Mêmes si certains lui reprochent la présence dans son catalogue de titres douteux et la pratique de coups éditoriaux peu compatibles avec des critères de qualité.

La co-édition: une solution pour les maisons spécialisées

Pour la dizaine d’éditeurs religieux stricto sensu, la bataille est rude. Leur problème principal est la ’fuite’ des auteurs à succès comme Jacques Gaillot ou le Père Jean-Michel di Falco, – dont le livre «Conversation

avec Dieu» est à paraître chez Ramsay – courtisés et séduits par les grands

éditeurs non spécialisés. Par ailleurs de grandes plumes catholiques, dignes héritières de Bernanos et autre Mauriac, restent encore à trouver. De

même les essayistes ne se bousculent pas au portillon. Nicolas Jean Sed, du

Cerf, l’explique par la crise du recrutement sacerdotal. «Les hommes jeunes

et capables sont écrasés de responsabilités et indisponibles pour l’écriture.» Enfin le noyau dur du «lectorat captif», prompt à acheter des ouvrages

de catéchèse notamment, s’érode lui aussi de 5% par an. Du coup certaines

maisons révisent à la baisse leur programme éditorial. Le Cerf ne devrait

publier cette année que 160 nouveaux titres contre 200 aux beaux jours.

Une des solutions s’appele co-édition comme ce fut le cas pour le nouveau Catéchisme ou le «Jésus» de Jacques Duquesne. Chacun y trouve son

compte. Les spécialistes apportent leurs connaissances. Grâce à ces associations, ils peuvent espérer fidéliser leurs auteurs en vogue. (apic/jcnmp)

Encadré

L’édition religieuse en France

L’édition religieuse ne représente que 2% de l’édition française. En 1994,

843 nouveautés ont été publiées (833 en 1992). Le chiffre d’affaire de

l’édition religieuse est passé de 242,6 millions de francs français ( environ 60 millions de francs suisses) en 1991, à 277,5 millions (69 millions)

en 1993 dont 9,6% à l’exportation. Le tirage moyen d’un livre religieux

était de 5’681 exemplaires en 1993. (apic/jcn/mp)

17 mars 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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