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Afrique: La SACBC proteste contre un décret anti-religieux au Soudan
Démarche officielle d’une délégation des évêques
auprès de l’ambassadeur du Soudan au Cap
Le Cap, 16mars(APIC) Une délégation de la Conférence des évêques catholiques d’Afrique du Sud (SACBC) a présenté au Cap une protestation auprès de
M. Abubakr, ambassadeur du Soudan en Afrique du Sud, pour dénoncer le nouveau décret «anti-chrétien», le «New Missionary Societies Act – Provisional
Act of 1994» (décret provisoire de 1994 sur les sociétés missionnaires),
qui remplace le «Missionary Societies Act» de 1962.
Selon la SACBC, des pressions sont actuellement exercées par la communauté internationale sur le gouvernement soudanais pour qu’il abolisse des
décrets considérés comme «discriminatoires, pervers et humiliants pour les
Eglises chrétiennes du Soudan, un Etat islamique.
Dans une déclaration qu’elle vient de publier, la SACBC rappelle qu’en
vertu du décret de 1962, les Eglises chrétiennes étaient victimes d’innombrables humiliations et de persécution. Les évêques dénoncent le nouveau
appelé à remplacer l’ancien: le décret de 1994 est tout aussi discriminatoire.
L’objectif de décret de 1962 était de contrôler la croissance de l’Eglise et de la réduire à une dimension insignifiante. Selon la SACBC, les autorisations étaient rarement accordées aux Eglises et aux institutions rattachées à celles-ci. Les chrétiens n’avaient pas la possibilité d’ouvrir
des orphelinats, le nombre des membres du personnel missionnaire était réduit au minimum, les mouvements du personnel étranger étaient strictement
contrôlés, et les permis de réparer et de maintenir les églises et chapelles existantes pouvaient rarement être obtenus.
Les publications d’Eglises, y compris les lettres pastorales, étaient
considérées comme une menace et souvent interdites. La SACBC rappelle qu’en
certains cas des évêques, à titre individuel, ou la Conférence épiscopale
du Soudan, étaient convoqués par les forces de sécurité et soumis à des interrogatoires très serrés.
Or, s’inquiète la SACBC, «le nouveau décret de 1994 n’est pas seulement
aussi discriminatoire que l’ancien, mais il est plus pervers et humiliant».
La SACBC soutient les évêques soudanais qui refusent catégoriquement d’enregistrer l’Eglise, conformément au nouveau décret.
Par cette nouvelle législation, indique la SACBC, le gouvernement soudanais veut réduire l’Eglise à une simple organisation humanitaire. Le décret
ne concerne pas l’islam et les groupes musulmans, et il a été formulé pour
contrôler seulement l’Eglise chrétienne, considérée à tort comme «étrangère».
La délégation de la SACBC demande que le gouvernement soudanais abroge,
dans son intégralité, le «New Missionary Societies Act – Provisional Act of
1994». «Nous avons l’intention d’intervenir auprès de nos gouvernements en
Namibie, au Botswana, au Swaziland et en Afrique du Sud, en nous adressant
aux Bureaux du président et du ministre des Affaires étrangères de ces
pays, pour qu’ils fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour que cette
législation très offensante soit abrogée», souligne la délégation.
Selon l’agence oecuménique ENI, l’ambassadeur du Soudan en Afrique du
Sud a refusé de commenter l’entrevue. Elle cite les propos du prêtre catholique, Sean Leary, secrétaire du Département «justice et paix» de la SACBC,
indiquant que l’ambassadeur Abubakr avait déclaré à la délégation que le
décret était toujours provisoire et que la protestation de la SACBC serait
«prise en considération». (apic/eni/pr)




