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apic/Vatican/Copenhague/Intervention
Copenhague: Intervention du chef de la délégation vaticane au Sommet
le Saint-Siège plaide pour une économie au service
d’un développement centré sur la personne (080395)
Copenhague, 8mars(APIC) Le Saint-Siège a plaidé mercredi à Copenhague
pour une économie au service d’un développement supportable fondé sur la
personne. Dans son intervention faite en fin d’après-midi, Mgr Diarmuid
Martin, chef de la délégation vaticane au Sommet mondial sur le développement social, a proposé la mise en place d’un modèle normatif d’attribution
de crédits et d’investissements, spécialement dans le domaine social.
«Une ligne invisible sépare beaucoup de nos sociétés et communautés, si
bien que les gens ne connaissent que rarement les conditions de vie de
l’autre côté de la barrière», a déploré Mgr Diarmuid Martin. Au cours de
son intervention le prélat, après avoir regretté le «scepticisme» des médias quant à l’utilité de tels sommets, a appelé les nations à «s’engager
publiquement» contre la pauvreté et réclamé une révision sociale des systèmes économiques autant qu’une conclusion «rapide et définitive» de la question de la dette des pays en voie de développement.
Résolument optimiste, la délégation du Saint-Siège au Sommet de Copenhague refuse la fatalité et le scepticisme ambiant quant à l’utilité de tels
sommets. «Davantage de scepticisme et une absence d’action concrète face à
l’extension de la pauvreté dans le monde d’aujourd’hui seraient simplement
indignes de l’humanité», a déclaré Mgr Martin, pour qui le «mot clé» de la
rencontre de Copenhague est l’»engagement» de la part des Etats.
Oui au marché libre, «dans les limites nécessaires»
Face à la plaie de la pauvreté, l’attention de l’Eglise se porte en premier lieu sur «l’efficacité de nos systèmes économiques pour atteindre les
besoins des gens». Cette efficacité devrait être constamment évaluée,
observe Mgr Martin. «Un système qui laisse des secteurs substantiels d’une
nation ou d’une économie dans une zone marginale, empêche les personnes qui
s’y trouvent d’offrir leurs talents à la société et à l’économie», a-t-il
ajouté.
Certes, l’Eglise «reconnaît la valeur et l’importance dynamique du marché libre et ouvert», mais, a-t-il aussitôt précisé, elle perçoit aussi la
nécessité d’interventions, dans les limites nécessaires, pour organiser un
cadre juridique fondé sur l’éthique, et compatible avec le marché. Dans
cette perspective, «nous encourageons les gouvernements à harmoniser le développement économique et social, spécialement par une protection sociale
de base». Pour le Saint-Siège, le système économique idéal doit être au
service d’un développement supportable fondé sur la personne.
La dette
Au-delà de ces principes et directives, le Saint-Siège veut insister à
Copenhague sur deux aspects de la vie économique: la dette extérieure et la
politique de transition.
Pour ce qui regarde la dette, le Saint-Siège est conscient qu’on n’est
pas encore parvenu à un accord sur la manière d’aborder cette question et
que les abus du passé en ce domaine – dépenses et prêts irresponsables refroidissent les énergies. Néanmoins, l’Eglise attend une «conclusion rapide et définitive» de ce dossier. Le Saint-Siège propose de mettre en place rapidement un modèle normatif d’attribution de crédits et d’investissements, spécialement dans le domaine social. C’est une question économique,
a dit Mgr Martin, mais c’est aussi une question de «volonté politique».
Les pauvres, protagonistes de la transition
En ce qui concerne la période de transition, l’Eglise recommande que les
pauvres soient impliqués et motivés pour suivre le mouvement: «Les gens
sont prêts à accepter des conditions ardues quand ils savent qu’elles les
mèneront sur des routes meilleures.» En revanche, «quand les pauvres sont
les premiers à souffrir encore plus, rien d’étonnant à ce que les buts que
nous poursuivons soient discrédités à leurs yeux».
Il faut, demande l’Eglise, que les pauvres soient les «protagonistes» de
cette transition, car très souvent, ceux qui vivent dans la pauvreté connaissent mieux les moyens d’améliorer leur situation économique, et ceci
est particulièrement vrai pour les femmes.
En dernier lieu, le Saint-Siège rappelle le rôle clé de la famille dans
la lutte contre la pauvreté, car elle est «la première école des valeurs
sociales». C’est pourquoi les parents doivent être aidés, et notamment recevoir le soutien des institutions, surtout quand ils sont seuls et que la
famille repose sur la seule femme.
L’optimisme du Saint-Siège quant à l’issue de ce combat se fonde sur «le
soutien continu et généreux» de ses oeuvres de charité partout dans le monde, une générosité qui contraste avec la baisse des ressources financières
que les Etats consacrent au développement. (apic/jmg/pr)




