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apic/OSAR/Rapport/Kosovo

Suisse: L’OSAR s’oppose au renvoi de

requérants d’asile à destination du Kosovo (030395)

Rapport accablant après le séjour au Kosovo d’une délégation de l’OSAR

Lausanne, 3mars(APIC) Les violations systématiques des droits de l’homme

au Kosovo, particulièrement en 1994 – meurtres, tortures, arrestations arbitraires… -, rendent impossible le renvoi des requérants d’asile albanais du Kosovo, estime l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR).

Une délégation de l’OSAR s’est rendue sur place entre le 11 et le 20 janvier dernier. Elle livre son rapport en concluant à l’inexigibilité du renvoi de requérants d’asile albanais du Kosovo. L’organisation n’hésite pas à

parler de purification ethnique à froid.

La délégation, qui a étudié les conséquences d’un retour de plusieurs

milliers de personnes, renforce la conviction de l’OSAR de maintenir son

exigence de stopper les renvois dans cette partie de l’ex-Yougoslavie.

Dans le courant des deux dernières années, dit l’OSAR dans son rapport

rendu public vendredi 3 mars, la situation générale au Kosovo s’est fondamentalement détériorée dans tous les domaines. L’oppression de la population albanaise du Kosovo, bien que moins apparente, s’est généralisée. Selon l’OSAR, la répression s’exerce de manière plus subtile, et se manifeste

plus brutalement à l’égard des individus.

En plus des groupes à risques – les activistes membres de partis politiques et de groupements pour les droits de l’homme, les membres des syndicats indépendants et les jeunes albanais en âge de servir sous les drapeaux

-, chacun peut être victime de répression à tout moment et faire valoir des

craintes fondées de persécution, affirme l’organisation suisse. «Le type et

les méthodes de persécutions perpétrées par les autorités serbes nous obligent à conclure que celles-ci cherchent la purification ethnique de la Kosova ’à la manière froide’. Aucun signe d’amélioration n’est visible».

Au bénéfice d’une protection collective

Par conséquent, l’OSAR maintient sa position, à savoir qu’il ne faut

procéder à aucun renvoi d’Albanais du Kosovo en ex-Yougoslavie, jusqu’à ce

que la situation dans cette région ne soit normalisée de façon claire et

dans tous les domaines. «Jusque-là, les Albanais du Kosovo doivent bénéficier en Suisse d’une forme de protection collective».

Si des retours devaient cependant être exécutés, l’OSAR exige qu’un

certain nombre de conditions soient remplies: l’application d’une pression

politique sur Belgrade, afin que les personnes déboutées ne subissent aucun

trouble; une démarche de tous les pays d’accueil dans le sens d’une

politique extérieure concertée et déterminante à l’égard de Belgrade;

l’octroi d’une aide au retour dans des proportions adéquates; le retour des

groupes à risque doit être soumis à la condition impérative qu’une amnistie

soit prononcée et que leur sécurité soit spécifiquement garantie; le retour

des personnes malades ne doit s’effectuer qu’avec l’assurance qu’elles

bénéficieront de possibilités de traitement; et enfin l’absence de renvois

durant l’hiver.

Une fois ces conditions remplies, conclut l’OSAR, de nombreuses organisations et institutions, en Suisse et au Kosovo, se montreront prêtes à

collaborer. (apic/com/pr)

3 mars 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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