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Evry: La cathédrale circulaire de Mario Botta ouverte au culte (120495)

Le symbole de l’unité du peuple de Dieu

Evry, 12avril(APIC) La cathédrale d’Evry, en région parisienne, dûe à

l’architecte suisse Mario Botta a été présentée mercredi à la presse. Il

s’agit de la première cathédrale érigée en France depuis les lois de séparation de l’Eglise et de l’Etat au début du siècle, s’est félicité l’évêque

du diocèse.

«Voici peu encore, sur cet immense terrain, on cultivait le blé. Il m’a

fallu un grand acte de foi pour imaginer à la place un centre ville», a relevé avec humour Mgr Guy Herbulot, évêque du diocèse d’Evry-Corbeil-Essones

crée en 1966. Le souci majeur qui a présidé à la construction de cette

église cathédrale a été son insertion dans le paysage urbain. Mario Botta a

conçu à cet effet le «clos de la cathédrale», c’est-à-dire un ensemble de

bâtiments qui ceinturent l’édifice principal. Pour Mgr Herbulot, la cathédrale de la Résurrection est bien intégrée au paysage urbain tout en s’affirmant par son originalité. «Elle est un point d’appui important pour

l’enracinement humain spirituel et religieux de toute une population.» «La

cathédrale est le lieu à la fois symbolique et réel de la catholicité et de

l’unité du peuple de Dieu rassemblé autour de l’évêque», a-t-il relevé.

Construite en briques roses offertes par une entreprise de Toulouse, la

cathédrale de la Résurrection est dédiée à saint Corbinien, un ermite de la

région au 6e siècle, devenu évêque de Freising-Munich en Bavière. Le diocèse de Munich a d’ailleurs contribué pour 5 millions de francs français à la

construction. Et c’est un prélat allemand qui a scellé mardi la pierre

d’autel contenant les reliques du saint.

Plus de 200’000 donateurs

L’ensemble de la construction a coûté environ 60 milions de francs français (15 millions de francs suisses) dont 35 millions (8,75 mios) ont été

fournis par plus de 200’000 donateurs, explique le Père Alain Bobière, vicaire général du diocèse. Les 5 millions de francs (1,25 mio) alloués par

le Ministère de la Culture n’ont pas été destinés à la construction de la

cathédrale mais au Centre national d’art sacré logé dans des bâtiments la

jouxtant. Ce Centre est géré par une association indépendante a précisé le

Père Bobière pour faire taire les objections émises ici et là quant à ce

soutien étatique.

La cathédrale est aujourd’hui quasiment terminée. Elle sera ouverte définitivement au culte en mai, pourquoi dès lors avoir repoussée l’inauguration officielle jusqu’en 1996? «Quand une famille prend possession d’un logement, elle ne pend pas tout de suite la crémaillère, répond le vicaire

général. Il nous faut le temps de prendre possession des lieux. De plus la

cathédrale étant placée sous le vocable de la Résurrection, l’inauguration

ne pouvait se faire qu’à Pâques, et Pâques 1995 était trop rapproché à cause du retard dû à des problèmes de toiture». Quant à la consécration, chacun espère à Evry qu’elle se fera à l’occasion de la venue du pape en France pour la fête de la jeunesse à Paris en 1997.

Mario Botta a offert le campanile et les cloches

En réponse à une question concernant les honoraires de l’architecte tessinois Mario Botta, le Père Bobière a relévé qu’il était tenu à une certaine discrétion, mais qu’ils étaient très faibles. «Mario Botta a été très

enthousiaste, très investi dans ce projet pour lequel il s’est passionné et

qu’il considère comme étant d’esprit byzantin». Les négociations et le suivi du chantier se sont très bien passés en confiance et en tranparence. «Il

faut savoir qu’il a fait entièrement don des cloches et du campanile de la

cathédrale», a souligné le Père Bobière. (apic/jcn/mp)

12 avril 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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