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apic/Bosnie/Banja Luka/Appel à Mgr Pavle/Cardinal Vlk/Mgr Komarica

Banja Luka/Bosnie: Le cardinal Vlk lance un appel au (190595)

patriarche Pavle, chef de l’Eglise serbe orthodoxe

Protéger la minorité catholique de l’anéantissement

Banja Luka/Bosnie, 19mai(APIC) Le cardinal Miloslav Vlk, archevêque de

Prague et président du Conseil des Conférences épiscopales européennes

(CCEE) a lancé vendredi un appel au patriarche Pavle, chef de l’Eglise serbe orthodoxe, pour qu’il intervienne en faveur de la minorité catholique

persécutée de Banja Luka, région de Bosnie sous contrôle serbe. Mgr Komarica, évêque de Banja Luka, placé en résidence surveillée par les milices

serbes bosniaques, a également demandé l’intervention du patriarche serbe.

Prenant prétexte de l’offensive croate en Slavonie occidentale, les milices serbes bosniaques ont intensifié ces deux dernières semaines leur

pression sur les minorités catholique et musulmane de la région de Banja

Luka. Les attaques contre des églises catholiques et des couvents et les

agressions physiques contre des membres du clergé, des religieuses et de

simples fidèles se sont multipliées.

Dans la nuit de jeudi, l’église de Trn a été dynamitée par des groupes

armés serbes et le presbytère incendié; le prêtre a été maltraité et deux

religieuses ont été gravement blessées. Le week-end dernier, un prêtre et

une religieuse ont été assassinés à Presnece, et leur cadavre calciné a été

retrouvé dans les ruines du couvent.

Le cardinal Vlk a demandé au patriarche Pavle d’intervenir auprès des

autorités serbes bosniaques de Pale et de Banja Luka. Il se dit persuadé

qu’une «parole énergique» du chef de l’Eglise serbe orthodoxe demandant la

protection des catholiques restant sous contrôle serbe pourrait trouver un

écho auprès des responsables politiques et militaires, «pour lesquels rien

ne paraît plus sacré».

Vers une éradication totale de la présence catholique?

Dans sa lettre au patriarche serbe, Mgr Franjo Komarica rappelle qu’il

est lui-même intervenu à plusieurs reprises auprès des responsables politiques croates et d’organisations religieuses et humanitaires pour que la sécurité des populations serbes de Slavonie occidentale soit garantie. Les

plus hautes autorités de l’Eglise catholique en Croatie se sont d’ailleurs

engagées en faveur du respect des droits de l’homme des citoyens de nationalité serbe, souligne-t-il.

Il qualifie donc d’»incompréhensible» la volonté des responsables politiques et militaires serbes – qui ont tous pouvoirs dans la région de Banja

Luka et qui se considèrent comme des «combattants déterminés pour le salut

de l’orthodoxie» – d’éradiquer toute trace de l’Eglise catholique, ce que

«tous les autres non chrétiens et infidèles n’ont pas réussi à faire durant

les nombreux siècle de présence catholique continue» sur ces territoires.

Mgr Komarica relève que les responsables serbes bosniaques, qui prétendent consulter régulièrement les évêques de l’Eglise serbe orthodoxe pour

prendre leurs décisions, ne veulent pas tenir compte de leurs appels et interventions en faveur de la protection des droits de l’homme fondamentaux,

dont font partie les droits religieux de la minorité catholique locale. Ce

serait une «terrible tache sur l’orthodoxie dans la nation serbe» et «un

péché encore plus terrible devant Dieu» si l’on éradiquait entièrement la

présence catholique dans ces territoires, conclut l’évêque catholique de

Banja Luka. Mgr Komarica se trouve aux arrêts domiciliaires, souligne son

vicaire général, Mgr Milinko Anicic, qui craint pour sa vie: «A l’instar

d’autres prêtres, il a reçu plusieurs menaces de mort qui lui ont été

adressées personnellement». L’évêque de Banja Luka est actuellement retenu

à son domicile par des soldats serbes bosniaques. (apic/kpr/ika/be)

19 mai 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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