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apic/Russie/Relations Eglises catholique/orthodoxe (160595)

Russie: Le renforcement possible des restrictions en matière religieuse

et l’hostilité de milieux orthodoxes russes inquiètent Mgr Kondrusiewicz

Assise, 16mai(APIC) Le possible renforcement des restrictions en matière

de religion conjugé avec l’hostilité de certains milieux de l’Eglise orthodoxe russe font peser une menace sur l’Eglise catholique en Russie, a estimé à Assise Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, administrateur apostolique de Moscou. Ce dernier participait à la session commune de l’Assemblée générale du

Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE) et du Comité central

de la Conférence des Eglises européennes (KEK), tenue dans cette ville italienne du 12 au 14 mai.

Même si les relations entre catholiques, protestants, musulmans et

bouddhistes sont bonnes, la libéralisation résultant de la chute du communisme en Russie a en fait entraîné une détérioration des relations entre

les Eglises catholique et orthodoxe, a-t-il déclaré.

En Russie, la question de l’appartenance religieuse est complexe, même

si la période d’oppression religieuse est terminée. L’Eglise orthodoxe russe a pendant longtemps joué un rôle essentiel dans la vie du pays, et le

communisme n’a jamais réussi à éliminer la vie religieuse. L’Eglise orthodoxe est aujourd’hui désireuse de participer à l’essor de la Russie et elle

vient de signer des accords de coopération avec différents départements du

gouvernement de Boris Eltsine.

Nombreux sont ceux qui, au sein de l’Eglise orthodoxe russe, sont préoccupés par l’arrivée en Russie, depuis la fin du communisme, de groupes religieux marginaux, parfois chrétiens – entre autres des fondamentalistes

américains – et non-chrétiens, comme des groupes du New Age et d’autres

s’inspirant du néopaganisme.

Prêts à coopérer

Les activités de l’Eglise catholique ont récemment fait l’objet de critiques. Au début du mois, le patriarche Alexis II, primat de l’Eglise orthodoxe russe, a accusé l’Eglise catholique de «prosélytisme» sur «territoire canonique» orthodoxe. On compte environ un million de catholiques en

Russie.

Selon l’archevêque Kondrusiewicz, malgré l’échec des efforts déployés en

1993 en vue de limiter les activités d’»organismes religieux étrangers» en

Russie, ces sentiments «apparaissent actuellement d’une façon ou d’une autre». Même si son Eglise partage la préoccupation de l’Eglise orthodoxe

russe concernant les cultes, Mgr Kondrusiewicz a souligné que l’Eglise catholique ne devrait pas être considérée simplement comme une autre secte».

«Il ne faut pas jeter l’enfant avec l’eau du bain, a déclaré l’administrateur apostolique de la Russie d’Europe. Le pluralisme religieux est un

signe de notre temps», a-t-il rappelé. «Il n’est pas nécessaire de promulguer des décrets d’interdiction ni de placer des barbelés autour de ’territoires canoniques».

L’archevêque semble désireux de rassurer l’Eglise orthodoxe et de dissiper ses craintes de voir une forte incursion de l’Eglise catholique en Russie. Dans tout le pays, l’Eglise catholique ne compte que 62 prêtres.

«L’Eglise catholique ne vise pas à l’évangélisation de la Russie, qui est

la tâche de l’Eglise de la majorité, à savoir l’Eglise orthodoxe russe, et

nous sommes prêts à coopérer et à prêter assistance», a souligné Mgr Kondrusiewicz.

Il s’est toutefois élevé contre ceux qui estiment que le rôle de l’Eglise catholique en Russie devrait se limiter à la pastorale auprès des minorités ethniques comme les Polonais et les Lituaniens. «Un vrai Russe peutil devenir catholique? S’il le veut, nous pensons qu’il le peut, parce que

c’est son droit», a-t-il dit. «C’est pourquoi nous ne demandons jamais la

nationalité de celui ou de celle qui veut se faire baptiser. «Dieu n’a pas

divisé le monde en sphères d’influence», a-t-il conclu. (apic/eni/pr)

16 mai 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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