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apic/AI/Police allemande/Mauvais traitements

Embargo: mardi 16 mai à 08 heures

Allemagne: La police allemande mise en cause par AI

Etrangers et membres de minorités ethniques: (150595)

principales victimes des mauvais traitements d’une police raciste

Bonn, 15mai(APIC) Les ressortissants étrangers et les membres de minorités ethniques sont les principales victimes des mauvais traitements policiers en Allemagne, dénonce dans un nouveau rapport Amnesty International

(AI). Entre janvier 1992 et mars 1995, l’organisation a reçu des informations sur 70 cas distincts où la police allemande est impliquée. Dans un

moins deux cas, AI n’hésite pas à parler de tortures.

Selon AI, le mauvais traitement sur des étrangers et des représentants

des minorités ethniques par la police allemande est manifestement en passe

de devenir une pratique bien établie. Dans au moins 70 cas portés à la connaissance de l’organisation mondiale de défense des droits de l’homme, la

police allemande aurait fait un usage abusif de la force au cours d’une arrestation ou aurait délibérément soumis des détenus à une peine ou à un

traitement cruel, inhumain ou dégradant.

AI cite à l’appui de ses affirmations des rapports médicaux qui signalent que certaines victimes ont eu des dents cassées, des articulations

foulées, des ecchymoses et dans plusieurs cas des membres brisés. Dans au

moins deux cas, les blessures étaient si graves – «il est évident qu’elles

ont été infligées de manière délibérée, répétées ou dans le but de causer

une douleur intense» – qu’elles peuvent être qualifiées de mauvais traitements assimilables à des actes de tortures.

Le racisme et la xénophobie en toile de fond

«Ces événements sont d’autant plus graves qu’ils ont en toile de fond la

xénophobie et la violence raciste qui ont douloureusement marqué l’Allemagne depuis la réunification», souligne AI. Qui précise que dans bien des

cas, les mauvais traitements signalés semblent inspirés par des motivations

raciales. Les policiers lançant aux victimes des insultes racistes. Plus de

la moitié des cas mettent en cause la police berlinoise.

De nombreuses victimes de mauvais traitements ont déclaré qu’elles

avaient été privées des droits fondamentaux garantis par la législation allemande et internationale, alors qu’elles se trouvaient en garde à vue. Le

rapport relève ainsi qu’elles n’ont pu bénéficier de leurs droits à connaître le motif de leur arrestation, à communiquer avec un de leurs proches

depuis le lieu de détention, à recevoir des soins médicaux ni à porter

plainte.

Des enquêtes judiciaires ont été ouvertes sur tous les cas présumés de

mauvais traitements signalés par AI, mais un grand nombre de policiers impliqués ont échappé aux poursuites et peu d’entre eux, voire aucun, se sont

vus infliger une sanction disciplinaire. Aucune des victimes étrangères ou

appartenant à une minorité ethnique n’a été indemnisée pour les blessures.

Dans certains cas, les policiers ont tenté de justifier les blessures infligées aux détenus en déposant une plainte contre ces derniers pour «rébellion».

Selon AI, les autorités allemandes ont dans l’ensemble refusé de reconnaître que les mauvais traitements constituent une pratique bien établie

dans le pays. Refusant de plus de prendre les mesures qui s’imposent pour y

mettre fin. (apic/com/pr)

15 mai 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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